Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402222
jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402222 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, M. A C B, représenté par Me Zouba, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°)d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine ou à toute autorité compétente de lui remettre une convocation afin qu'il puisse déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que tous les dépens.
Il soutient que :
-la condition d'urgence est remplie, dès lors que cela fait plusieurs mois qu'il tente, en vain, d'obtenir un rendez-vous pour déposer son dossier de demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine et que l'impossibilité d'obtenir ce rendez-vous le place dans une situation précaire anormalement longue, l'empêchant de poursuivre ses études et le contraignant à vivre avec l'anxiété permanente d'un contrôle de sa situation administrative, au préjudice de son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
-la mesure sollicitée est utile au regard de la carence de la préfecture des Hauts-de-Seine dans le traitement de sa demande, qui a été déposée en mai 2023, soit depuis plus de neuf mois ;
-la mesure sollicitée ne souffre d'aucune contestation sérieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C B, ressortissant camerounais né le 21 février 2022, déclare être entré en France en janvier 2015. Le 11 juillet 2022, il s'est vu délivrer, par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine, une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant-élève ", valable jusqu'au 10 janvier 2023. Le 23 mai 2023, M. B a sollicité, par courriel, l'obtention d'un rendez-vous auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine afin de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. D'autre part, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. D'une part, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 1 de la présente ordonnance, que M. B a adressé une demande de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour à la préfecture des Hauts-de-Seine le 23 mai 2023, soit postérieurement à l'expiration de son précédent titre de séjour qui, en tout état de cause, ne lui avait pas été délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la demande formulée le 23 mai 2023 par le requérant doit être regardée comme une première demande de titre de séjour. D'autre part, en se bornant à faire valoir que l'absence de réponse de la préfecture des Hauts-de-Seine à sa demande l'empêche de poursuivre ses études, sans produire d'éléments à l'appui de ces allégations et sans préciser d'ailleurs la nature des études qu'il suivrait actuellement, et le contraint à vivre avec l'anxiété permanente d'un contrôle de sa situation administrative, alors qu'il a formulé sa demande plus de quatre mois après l'expiration de son précédent titre de séjour, contribuant ainsi largement à créer la situation d'urgence dont il se prévaut désormais, M. B ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement un rendez-vous en vue de déposer son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 29 février 2024.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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