Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402269
mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402269 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans l'attente de la remise de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", et ce, dans le délai de 48h à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence de récépissé avec autorisation de travail, il est placé en situation irrégulière et ne peut, par conséquent, pas poursuivre son contrat de travail au sein de la société Probat Pose ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir et à sa liberté de travailler.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n°2400313 du 16 janvier 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Huon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant congolais né le 5 octobre 1975 a bénéficié de titres de séjour portant la mention " salarié " dont le dernier a expiré le 16 septembre 2022. Le 19 septembre 2022, il a sollicité le renouvellement de ce titre, ce qui lui a été refusé aux termes d'un arrêté du préfet du Val-d'Oise du 28 décembre 2023. Toutefois, le 12 janvier 2024, le préfet a abrogé cet arrêté. M. A fait valoir que, depuis lors, toutes ses tentatives en vue d'obtenir tant une carte de séjour qu'un récépissé l'autorisant à travailler se sont révélées infructueuses bien qu'il ait complété son dossier par les documents réclamés par la préfecture. Par la présente requête, M. A sollicite du juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il enjoigne au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier d'une situation d'urgence particulière, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, M. A soutient que l'inaction de la préfecture quant à l'envoi d'un récépissé conforme avec autorisation de travail le maintient dans une situation administrative irrégulière et emporte des conséquences sur sa situation professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le 2 février 2024, M. A a réceptionné un récépissé de demande de carte de séjour. Si ce document n'était pas libellé à son nom, cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, atteste néanmoins de ce qu'en l'état, les services préfectoraux ne s'opposent pas à la délivrance d'un tel document. Du reste, le requérant admet lui-même que, lors de son passage au guichet le 5 février 2024, en vue de retirer un récépissé à son nom, il lui a été indiqué que ce récépissé lui serait envoyé à son domicile. Dans ces conditions, eu égard à la chronologie des faits rappelés ci-avant ainsi qu'aux diligences déjà accomplies par les services préfectoraux et alors que M. A n'apporte aucun élément précis relatif à sa situation personnelle de nature à justifier l'intervention du juge des référés à très bref délai, la requérant n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence particulière, exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède que, pour ce seul motif, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy-Pontoise, le 21 février 2024.
Le juge des référés,
Signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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