Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402384
mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 21 février 2024, M. A B, représenté par Me Youness, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer afin qu'il dépose une demande d'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai de 72 heures ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Garona comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 9 avril 2024, a été entendu le rapport de Mme Garona, magistrate désignée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain, né le 1er février 1997, déclare être entré irrégulièrement en France en 2021. Le 18 janvier 2024, il a fait l'objet d'un contrôle d'identité, qui a révélé son séjour irrégulier sur le territoire national. Par l'arrêté attaqué du 18 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
2. En premier lieu, la décision attaquée vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que l'intéressé qui est entré irrégulièrement sur le territoire, s'est maintenu en situation irrégulière et n'a pas accompli de démarche en vue de la régularisation de sa situation administrative. Elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. M. B soutient qu'il vit en France depuis 2021, soit depuis plus de trois ans et qu'il travaille depuis plus de dix-huit mois en qualité de technicien dans un garage, de sorte que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, le requérant ne verse au dossier aucune pièce de nature à justifier de sa durée de présence en France, ni de son activité professionnelle. En outre, l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, n'établit pas davantage, malgré la production du certificat de décès de sa mère, être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, le Maroc, où il a vécu à tout le moins jusqu'à l'âge de 24 ans. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée deux ans, doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E. Garona
La greffière,
Signé
Z. Bouayyadi
La République mande et ordonne à la préfète des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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