Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402394
vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402394 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2024, M. et Mme A demandent au tribunal, d'une part, de prononcer la décharge de l'obligation de payer la majoration de recouvrement de 10 % appliquée à leur dette d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2022 et, d'autre part, de leur accorder un échéancier de paiement des droits dus en douze mensualités.
Ils soutiennent qu'ils rencontrent des difficultés pour s'acquitter de leur dette fiscale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. Aux termes de l'article 1730 du code général des impôts : " 1. Donne lieu à l'application d'une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des sommes dues au titre de l'impôt sur le revenu, des contributions sociales recouvrées comme en matière d'impôt sur le revenu () ". En vertu des dispositions combinées de l'article 357 G de l'annexe III audit code et du 2° bis de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, la majoration, établie par l'article 1730 du code général des impôts, peut, sur demande du contribuable, faire l'objet de remises ou de modérations. Par ailleurs, l'administration peut accepter à titre exceptionnel, sur demande expresse du redevable et afin de faciliter le recouvrement de sa créance, des délais de paiement. Les décisions prises à ce double titre relèvent de la juridiction gracieuse.
3. M. et Mme A demandent au tribunal, d'une part, de prononcer la décharge de l'obligation de payer la majoration de recouvrement de 10 % appliquée à leur dette d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2022 et, d'autre part, de leur accorder un échéancier de paiement des droits dus en douze mensualités.
4. Toutefois, d'une part, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de prononcer des remises de pénalités ou d'accorder des délais de paiement aux contribuables, les conclusions présentées à ces fins sont manifestement irrecevables.
5. D'autre part, à supposer que les requérants aient entendu demander l'annulation, pour excès de pouvoir, des décisions en date des 17 et 28 novembre 2023 par lesquelles le comptable public puis le conciliateur fiscal ont rejeté leur demande de délais de paiement sur une durée de douze mois, ils se bornent, à l'appui de leur requête, à invoquer leurs difficultés financières sans apporter le moindre élément circonstancié à cet égard et sans même contester, ainsi que l'a relevé le conciliateur, que leurs revenus mensuels leur permettaient de respecter l'échéancier de quatre mois qui leur avait été précédemment accordé. Par conséquent, le moyen soulevé par M. et Mme A et tiré de leur prétendue situation de gêne, outre qu'il est totalement imprécis, n'est pas assorti de faits susceptibles de venir à son soutien.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme A ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Fait à Cergy-Pontoise, le 26 avril 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
C. HUON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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