Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402595

lundi 26 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2402595
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2024, M. A, représenté par, demande à la juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 17 novembre 2023 par laquelle la Ville de Sceaux l'a informé de sa décision de ne pas renouveler son contrat et la décision du 19 janvier 2024 par laquelle la commune de Sceaux a décidé de ne pas renouveler son contrat de travail, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre à la Ville de Sceaux de lui délivrer un contrat de travail à durée indéterminée ou à défaut de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de la Ville de sceaux une somme de 4000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande est urgente dès lors que les décisions attaquées ont pour effet de le priver de son traitement et de le placer dans une situation précaire ;

- les décisions de ne pas renouveler son contrat sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il a servi de manière professionnelle et avec sérieux pendant près de six ans ;

- les faits qui lui sont reprochés et qui ont motivé la décision de non-renouvellement ne sont pas établis ;

- il est victime de discrimination syndicale ;

- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 février 2024 sous le numéro 2402691 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Edert pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. En premier lieu M. A demande à la juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la " décision " en date du 17 novembre 2023 par laquelle la Ville de Sceaux l'a informé de sa décision de ne pas renouveler son contrat. Toutefois, cet acte prévu par les dispositions de l'article 38-1 du décret susvisé n'a pas de caractère décisoire et ne lui fait pas grief. Sa légalité ne peut par elle-même être contestée, ne s'agissant en l'espèce que d'un acte préparatoire.

3. En second lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision attaquée, M. A soutient qu'il subira une baisse de ses revenus des suites de la perte de son emploi, l'indemnisation qui lui sera versée à compter du mois de mars devant s'élever à 1 500 euros nets par mois. Toutefois, ainsi qu'il l'indique, il bénéficiera d'une indemnisation au titre de sa perte d'emploi et il n'invoque aucun élément susceptible d'établir que le préjudice financier dont il se prévaut porterait atteinte à ses conditions d'existence. Il ne démontre donc pas que la décision 19 janvier 2024 dont il demande la suspension préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Il s'ensuit que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas réunie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A, laquelle est partiellement irrecevable en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la Ville de sceaux.

Fait à Cergy, le 26 février 2024.

La juge des référés,

signé

S. EDERT

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.