Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402797
lundi 4 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402797 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 27 et 28 février 2024 et le 4 mars 2024, M. B A, représenté par Me Chaib Hidouci, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer en rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut d'étudiant à salarié, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer lors de ce rendez-vous une attestation provisoire de séjour portant autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a bénéficié du statut d'étudiant depuis son entrée sur le territoire français en 2019, et ce jusqu'au 22 décembre 2023, date d'expiration de son certificat de résidence algérien ; qu'il en a demandé le renouvellement, le 15 décembre 2023, via la plateforme de l'administration des étrangers en France (ANEF) sans qu'une attestation de prolongation d'instruction ne lui soit remise ; qu'il a vainement tenté en parallèle de déposer une demande de changement de statut dès lors qu'il a obtenu une autorisation de travail, le 19 décembre 2023, et signé un contrat de travail à effet au 15 janvier 2024, lequel sera suspendu à compter du 1er mars 2024 en l'absence de production d'un titre de séjour valide ; qu'il existe une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à sa liberté de travailler, en méconnaissance de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la délivrance d'un récépissé est de plein droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que M. A ne justifie pas de l'urgence particulière de sa situation dès lors que sa demande de renouvellement de titre " étudiant " a fait l'objet d'un classement sans suite, le 29 février 2024, et qu'il a obtenu le même jour une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de changement de statut valable jusqu'au 28 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties de la tenue de l'audience publique du 4 mars 2024 à 10 heures.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience, le rapport de M. Poyet, juge des référés, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 12 février 2001 à El Biar en Algérie, est, selon ses déclarations, entré régulièrement sur le territoire français dans le courant de l'année 2019, munie d'un visa long séjour " étudiant ". Mis en possession d'un titre de séjour " étudiant " jusqu'en décembre 2023, il a, d'abord, présenté une demande de renouvellement via la plateforme de l'administration des étrangers en France (ANEF), le 15 décembre 2023. Ayant obtenu une autorisation de travail, le 19 décembre 2023, et signé un contrat de travail à durée indéterminée à effet au 15 janvier 2024, il a, ensuite, tenté de déposer une demande de changement de statut au profit du volet " salarié ", laquelle s'est avérée techniquement impossible, sa première demande étant en cours de traitement. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer en rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut d'étudiant à salarié et d'obtenir une attestation provisoire de séjour portant autorisation de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
3. Par un mémoire, enregistré le 1er mars 2024 au greffe du tribunal, le préfet des Hauts-de-Seine indique avoir remis à M. A une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 28 mai 2024 dans le cadre de l'instruction de sa demande de changement de statut, celle-ci ayant fait l'objet d'un enregistrement, le 29 février 2024. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de la requête sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme demandée au titre des frais exposés pour M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 4 mars 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24027972
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