Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402845

vendredi 26 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2402845
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2024, M. A D, représenté par

M B, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 mars 2023 par laquelle le préfet du Val d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de ses enfants ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de faire droit à sa demande de regroupement familial au bénéfice de ses enfants ou, à défaut, de réexaminer sa demande, et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles

L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, ressortissant haïtien né le 6 février 1974, demande l'annulation de la décision du 10 mars 2023 par laquelle le préfet du Val d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de ses enfants.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

3. En premier lieu, Mme C E, cheffe du bureau du séjour à la préfecture du Val-d'Oise, disposait d'une délégation de signature prise par un arrêté du préfet du Val-d'Oise n° 23-014 du 22 février 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, pour signer notamment les décisions prises au titre du regroupement familial. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée doit être écarté comme manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, la décision en litige, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments caractérisant la situation de l'intéressé, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle répond ainsi aux exigences posées par l'article

L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, lesquelles s'apprécient indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée est manifestement infondé.

5. En troisième lieu, le moyen tiré par M. D de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit, en ce qu'il remplirait toutes les conditions exigées pour le regroupement familial n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, le requérant admet lui-même que, comme relevé par le préfet, la condition relative au logement n'est pas remplie. Il en est de même des moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'appui desquels l'intéressé se borne à faire valoir que le préfet aurait pu prendre en compte sa situation familiale et personnelle pour écarter une application stricte de la loi.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 26 avril 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.