Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402893
lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402893 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 29 février 2024 et le 2 avril 2024, M. C A, représenté par Me Akopov, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, dans les soixante-douze heures à compter du prononcé de l'ordonnance du juge des référés, de le recevoir aux fins de délivrance d'un récépissé correspondant à sa demande de carte de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le classement sans suite de son dossier et l'absence de délivrance d'un récépissé portant la mention " passeport talent (famille) ", à la suite du dépôt de sa deuxième demande dans ce sens, produit des effets immédiats sur sa situation administrative en France devenant désormais irrégulière ; dans le cadre de ses fonctions de directeur général de la société NRJY Consult et l'invitation des sociétés partenaires, il doit se rendre à Chypre, du 20 au 22 février 2024, et en Egypte, du 10 au 14 mars 2024, ce qui ne pourrait pas se réaliser en l'absence d'un document régularisant son séjour en France ;
- la mesure sollicitée est utile et en tant que conjoint de Mme B, qui est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent : création d'entreprise " valable jusqu'au 26 septembre 2027, il doit se voir délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent (famille) " d'une durée égale à la période de validité restant à courir de la carte de séjour de son épouse ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- l'ordonnance n°2401477 du 2 février 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- l'ordonnance n° 2401918 du 9 février 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 2 avril 2024 à 9 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés,
- et les observations de Me Mbarek, substituant Me Akopov, représentant M. A, requérant, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant tunisien né le 8 février 1998, est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent : création d'entreprise ", valable jusqu'au 26 septembre 2027. Le 24 octobre 2023, en tant que conjoint du titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent ", il a déposé auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine, via la plateforme " demarches-simplifiees.fr ", une demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent (famille) ", sur le fondement de l'article L. 421-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui a été classée sans suite, le 27 décembre 2023, pour incomplétude, demande qui a été redéposée le 9 janvier 2024. M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui octroyer un rendez-vous dans un délai de soixante-douze heures afin de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, à très bref délai, de la mesure d'injonction qu'elle demande, M. A fait valoir qu'il risque d'être licencié par son employeur. Toutefois, il résulte de l'instruction que la lettre d'avertissement de son employeur, " NRJY Consult ", date déjà du 22 novembre 2023. D'autre part, il borne à faire valoir qu'il se trouve dans l'impossibilité d'effectuer ses missions professionnelles à l'étranger. Toutefois, et pour regrettable que soit cette situation, au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour et de sa situation personnelle, de telles circonstances n'impliquent pas que la demande de titre de séjour de M. A, soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettent de caractériser une situation d'urgence, à très bref délai, au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce tout qui précède que la requête présentée par M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 8 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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