Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402921
vendredi 1 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402921 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 février 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande et de lui attribuer un document et/ou une attestation justifiant la régularité de son séjour sur le territoire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence à mettre fin à cette situation dès lors qu'elle impacte gravement ses projets personnels et professionnels ;
- le refus de remise d'un document de séjour en cours de validité porte gravement atteinte à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté du travail et à son droit au respect de sa vie privée ;
- cette atteinte grave et manifestement illégale le prive de ses libertés et de ses droits fondamentaux.
Vu :
- l'ordonnance n° 2403396/5-2 du 14 février 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 3 mars 1992 à Marrakech au Maroc, est entré sur le territoire français, le 25 août 2010, avec un visa de type D portant la mention " étudiant ". Il a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant " du 12 août 2010 au 30 novembre 2017. Il a obtenu un diplôme d'ingénieur au grade master, le 13 octobre 2017, un titre de séjour portant la mention " entrepreneur - profession libérale ", valable du 25 février 2021 au 24 février 2022, et un titre de séjour " salarié ", valable du 20 juillet 2022 au 20 juillet 2023. Le 17 octobre 2023, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du 31 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande et de lui attribuer un document et/ou une attestation justifiant la régularité de son séjour sur le territoire.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par ces dispositions soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
4. D'une part, les conclusions de M. A tendant, à titre principal, d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande et de lui attribuer un document et/ou une attestation justifiant la régularité de son séjour sur le territoire sont irrecevables devant le juge statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. D'autre part, en l'état de l'instruction, le requérant fait valoir, sans l'établir, que la condition d'urgence est remplie au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en ce qui concerne ses difficultés pour réaliser ses projets personnels et professionnels. Enfin, en tout état de cause, le requérant mentionne dans sa requête résider à Asnières-sur-Seine dans le département des Hauts-de-Seine alors qu'il produit un acte d'opposition du tribunal judiciaire du Havre dans lequel il est précisé qu'il a comparu le 16 février 2024 et qu'il demeure à Nantes. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er mars 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24029212
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