Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402967

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2402967
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er mars 2024, Mme C, représentée par Me Tordo, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'accélérer l'instruction de son dossier de demande de titre de séjour et de lui fixer un rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé ou un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle est maintenue en situation de précarité au regard de son droit au séjour, qu'elle risque de faire l'objet d'un éloignement du territoire français, qu'elle ne peut plus bénéficier des aides sociales attachées à son statut, qu'elle ne peut plus faire ses études dans de bonnes conditions et ne peut plus travailler, son contrat de travail ayant été rompu ;

- les mesures sollicitées sont utiles, dès lors qu'aucune décision administrative n'existe et qu'elle ne dispose d'aucune autre voie de droit et sont légitimes.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante malgache née le 12 août 2003, est entrée en France, le 19 août 2022, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valant titre de séjour. Le 12 juin 2023, Mme B a présenté une demande de titre de séjour portant la mention " étudiant ". Le 29 août 2023, Mme B a été informé de la prolongation de l'instruction de sa demande. Mme B demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'accélérer l'instruction de son dossier et de lui fixer un rendez-vous afin de lui délivrer son titre de séjour, ou, à défaut, un récépissé de sa demande de titre de séjour.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

5. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'attestation de dépôt de la demande, que la demande de titre de séjour présentée par Mme B a été enregistrée le 12 juin 2023. Il ressort d'une copie d'écran du compte de l'intéressée ouvert sur l'application " Administration numérique des étrangers en France " que celle-ci a répondu, le 30 août 2023, à une demande de complément de pièces, permettant de regarder son dossier complet au plus tard à compter de cette date. Du silence gardé par le préfet depuis plus de quatre mois sur sa demande est née une décision implicite de rejet en application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, les mesures sollicitées par Mme B auraient pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite et ne sauraient être prononcées par le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de Mme B en toutes ses conclusions, y compris celle présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera délivrée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 10 avril 2024.

Le juge des référés,

signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24029672