Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402994
mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402994 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2024, M. B A, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin, d'une part, de lui permettre de retirer son titre de séjour modifié et, d'autre part, de déposer son dossier de demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il se trouve en situation irrégulière au regard de son droit au séjour en France, qu'il ne peut plus bénéficier de prestations sociales, que son contrat de travail a été suspendu et se retrouve dans une situation de précarité et que cette situation à une incidence sur ses études ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il n'est pas parvenu à obtenir son titre de séjour modifié en cours de fabrication qui est nécessaire pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- les mesures sollicitées ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant burkinabé né le 29 janvier 1992, est entré en France, le 7 septembre 2019, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". M. A a ensuite été mis en possession de titres de séjour portant la même mention dont le dernier était valable jusqu'au 2 février 2024. Le 1er juin 2023, M. A a signalé à l'administration son changement d'adresse et a été informé, le 26 octobre 2023, qu'un nouveau titre de séjour, prenant en compte cette modification, était en cours de fabrication. A compter du 13 décembre 2023, M. A a entrepris des démarches afin de solliciter le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " mais n'est pas parvenue à procéder aux formalités en ligne préalables au dépôt d'une demande de rendez-vous en préfecture. M. A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin, d'une part, que lui soit remis son titre de séjour modifié et, d'autre part, qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
Sur les conclusions aux fins d'injonction de convocation à un rendez-vous pour la remise matérielle du titre de séjour modifié :
3. Il résulte de l'instruction et notamment des pièces jointes à la requête que la validité du titre de séjour portant la mention " étudiant " dont le requérant avait demandé la modification s'agissant de la mention de l'adresse de son domicile, a expiré le 2 février 2024. Ainsi, à la date de l'introduction de la requête comme à celle de la présente ordonnance, le titre de séjour dont M. A demande la remise matérielle n'est plus valide et les éléments produits par l'intéressé ne sont pas de nature à établir que l'absence de la remise matérielle de ce titre de séjour, l'empêcherait de pouvoir demander le renouvellement de ses droits au séjour. Dans ces conditions, M. A n'établit pas l'utilité de la demande qu'il présente au tribunal, qui ne peut par suite qu'être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction de convocation à un rendez-vous pour le dépôt de la demande de renouvellement de titre de séjour :
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
6. Il résulte de l'instruction que M. A a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant " en vue de suivre des études de droit. Il est inscrit pour l'année scolaire 2023 - 2024, en " Mastère 2 droit social - contentieux du travail " au sein de l'Institut supérieur du droit à Paris. Pour demander que lui soit fixé un rendez-vous en préfecture du Val-d'Oise en vue de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, M. A justifie des difficultés techniques rencontrées sur le site " Administration numérique des étrangers en France " et des courriels échangés avec les services de la préfecture, au cours des mois de décembre 2023, janvier et février 2024, sans qu'aucun rendez-vous ne lui ait été proposé. Dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par M. A doit être regardée comme remplie, de même que la condition d'utilité de la mesure sollicitée, laquelle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de communiquer à M. A, dans le délai de vingt-et-un jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. A, dans le délai vingt-et-un jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de titre de séjour.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 10 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
S. Ouillon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24029942
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026