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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2403048

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403048

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403048
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantBAPCERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 février 2024, M. A B, représenté par Me Bapceres, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Val-d'Oise a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette, formée le 19 avril 2023, portant sur un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 4 227,13 euros ;

2°) de lui accorder une remise gracieuse totale de cette dette ;

3°) de mettre à la charge du département du Val-d'Oise au bénéfice de son conseil la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la décision du 2 octobre 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : ()/5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () / 7°Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

4. Par ailleurs, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

5. Il résulte de l'instruction que l'indu en litige résulte d'omissions déclaratives de M. B, qui n'a pas déclaré à la caisse d'allocations familiales le bénéfice d'une pension alimentaire, dont il indique qu'elle était partiellement servie en nature. Pour contester ce motif, M. B, qui est assisté d'un avocat, se borne à soutenir qu'il serait de bonne foi car il " a cru ne pas devoir déclarer [cette] pension alimentaire " sans autre précision sur ce qui aurait éventuellement contribué à l'induire en erreur, ni n'apporter aucune pièce faisant état d'un quelconque motif légitime justifiant l'omission déclarative en cause. En outre, le requérant ne se prévalait aucunement de sa bonne foi dans la demande de remise de dette qu'il a adressée au département, se bornant à faire état de la précarité de sa situation financière.

6. Il résulte de ce qui précède, compte tenu de l'office du juge rappelé au point 4, que M. B n'assortit ses conclusions que de moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. B ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin de remise gracieuse.

Sur les frais liés au litige :

8. La présente ordonnance rejetant l'ensemble des conclusions présentées par M. B, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront par voie de conséquence qu'être rejetées sur le fondement du 5° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Bapceres.

Copie sera délivrée au département du Val-d'Oise et à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 30 mai 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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