Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403264
mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2403264 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2024, M. A B, représenté par Me Desouches, demande au juge au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 20 novembre 2023, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine ou, à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer sa demande dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, dans l'attente du jugement au fond ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que M. B était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " qui était valable jusqu'au 19 mars 2023, qu'il se trouve en situation irrégulière sur le territoire français et qu'il n'est pas autorisé à travailler alors qu'il a reçu de nombreuses offres d'emploi ;
- les moyens suivants sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle a été prise par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle méconnait les dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle est entachée d'erreurs de droit, en ce que le préfet a exigé à tort la production d'un diplôme obtenu dans l'année et qu'il n'a donné aucun délai pour le lui fournir ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête n°2402611, enregistrée le 23 février 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 15 novembre 1997 à Mohammedia au Maroc, était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " valable du 20 mars 2021 au 19 mars 2023. Le 10 juillet 2023, il a sollicité un changement de statut au profit d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ". Le 20 novembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine lui a communiqué une décision de classement sans suite de sa demande. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. B fait valoir qu'il était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " qui était valable jusqu'au 19 mars 2023, et qu'il a sollicité un changement de statut, le 10 juillet 2023, au profit d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", pour lequel il allège remplir l'ensemble des conditions de délivrance du titre demandé. Qu'en outre, il a reçu différentes offres d'emploi pour lesquelles il ne peut répondre favorablement en l'absence de titre de séjour en cours de validité. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B a déposé sa demande de changement de statut, le 10 juillet 2023, quatre mois après l'expiration de sa carte de séjour pluriannuelle, et qu'il a attendu trois mois avant de déposer son présent recours à l'encontre de la décision attaquée, au lieu de déposer de nouveau une demande complète, comme il y a été invité dans ladite décision. Ainsi, M. B a, ce faisant, contribué à la situation administrative dont il se plaint. Dès lors, ces circonstances ne permettent pas de caractériser l'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du même code, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 2 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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