Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403411

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403411
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Chevrier, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 février 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de sa carte de résident ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de ne pas retirer sa carte de résident et, de ce fait, de lui restituer ladite carte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa carte de résident lui est nécessaire pour poursuivre et mener sa vie personnelle, familiale et professionnelle ;

- il existe un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Résidant régulièrement depuis 1998 sur le territoire français et possédant l'ensemble de ses attaches familiales et professionnelles en France, elle invoque le caractère disproportionné du retrait de sa carte de résident.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2403499, enregistrée le 11 mars 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 29 mars 2024 à 9 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- les observations de Me El Djoudi, substituant Me Chevrier, représentant la requérante, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante sri-lankaise née le 4 août 1979 à Jaffna au Sri-Lanka, est entrée sur le territoire français en 1998 et a obtenu, en dernier lieu, une carte de résidant valable du 21 mars 2022 au 20 mars 2032. Le 19 décembre 2023, le Préfet du

Val-d'Oise a informé l'intéressée, par courrier, qu'il envisageait le retrait de sa carte de résident au motif qu'elle a employé deux personnes démunies de titres de séjour les autorisant à travailler et que ces dernières étaient en position de travail dissimulé. Par un arrêté en date du 5 février 2024, le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de sa carte de résident. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par Mme B, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 5 février 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a procédé au retrait de sa carte de résident. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 18 avril 2024.

Le juge des référés

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2403411

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