Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403645
jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2403645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2024, M. B A, représenté par
Me Vannier, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 février 2024, notifié le 25 février 2024, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, lui a demandé de remettre son passeport et de se rendre de manière hebdomadaire à la préfecture des Hauts-de-Seine, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de lui accorder une carte de séjour temporaire dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dès lors que sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " a été rejetée. En outre, ce rejet entraîne la perte de son droit au séjour et de son autorisation de travail alors qu'il possède actuellement un emploi, d'une part, et l'expose à une situation de précarité financière totale, d'autre part ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation au regard de son état de santé, de son insertion professionnelle et ancienneté de travail et de sa situation personnelle et familiale ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de débat contradictoire préalable ;
- elle a été prise en violation des dispositions des articles L. 425-9, L. 435-1 et
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de débat contradictoire préalable ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- elle a été prise en violation des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information schengen :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- elle a été prise en violation des dispositions de l'article 24 du règlement CE
n° 1987/2006 du 20 décembre 2006 et de l'article R. 231-6 du code de la sécurité intérieure.
En ce qui concerne la décision portant obligation de remise de passeport à l'autorité administrative :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de pointage :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- la requête n° 2403599, enregistrée le 12 mars 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (CE) n° 1987/2006 du Parlement européen et du Conseil du
20 décembre 2006 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 29 mars 2024 à 9 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de
M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés, qui a informé les parties, en application des dispositions des articles R. 522-9 et R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur le moyen d'ordre public tiré de ce que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an sont irrecevables dès lors que le recours en annulation formé à leur encontre a déjà entraîné cet effet suspensif en application des dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- et les observations de Me Bingham et de Mme C, substituants Me Vannier, représentants M. A, qui retirent les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, demandant au requérant de remettre son passeport et de se rendre de manière hebdomadaire à la préfecture des
Hauts-de-Seine, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, en précisant, en outre, leurs écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien né le 31 décembre 1989 à Kodie Kayes au Mali, est entré sur le territoire français le 21 mai 2018. La préfecture des Hauts-de-Seine lui a délivré une carte de séjour temporaire valable du 22 mars 2022 au 21 mars 2023, laquelle a été renouvelée jusqu'au 20 septembre 2023. Les 18 avril et 27 septembre 2023, il a, auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine, sollicité le renouvellement de sa carte de séjour et a obtenu deux récépissés dont le dernier en date était valable jusqu'au 26 mars 2024. Par un arrêté du 15 février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a notamment rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 février 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. A, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 15 février 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de cette même décision, y compris celles aux fins d'injonction et d'astreinte, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 18 avril 2024.
Le juge des référés
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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