Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403786
lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2403786 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mars 2024, M. B A, représenté par Me Dini, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de clôturer l'instruction de sa demande de titre de séjour déposée le 29 mars 2023 et de lui remettre une carte de résident d'une validité de dix ans dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de condamner le préfet du Val-d'Oise à lui verser la somme de 2 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il n'a toujours pas obtenu de réponse à sa demande de carte de résident d'une durée de validité de dix ans malgré le dépôt du dossier il y a près de douze mois, ce qui le maintien dans une situation précaire, et son activité professionnelle a été interrompue brutalement, suite au courriel de vérification d'identité du 4 août 2023, et il se retrouve, depuis lors, sans aucun moyen de subsistance depuis près de huit mois ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a déposé une demande de carte de résident d'une durée de validité de dix ans, le 29 mars 2023, qu'il est de nationalité afghane, bénéficiaire de la protection subsidiaire et a obtenu, à ce titre, un titre de séjour pluriannuel valable du 9 avril 2019 au 8 avril 2023 ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative dès lors qu'il s'agit seulement d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de statuer dans son pouvoir d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant afghan né le 16 avril 1991 à Naway Kalay, dans la province de Kandahar en Afghanistan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de clôturer l'instruction de sa demande de titre de séjour, déposée le 29 mars 2023, et de lui remettre une carte de résident d'une durée de validité de dix ans.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. M. A demande au tribunal d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de clôturer l'instruction de sa demande de titre de séjour déposée le 29 mars 2023 et de lui remettre une carte de résident d'une durée de validité de dix ans. Il résulte de l'instruction que la requête de M. A comporte des conclusions à fin d'octroi d'une carte de résident d'une durée de validité de dix ans. Or, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'adresser des injonctions à l'administration tendant à l'édiction de mesures définitives, comme c'est le cas en l'espèce.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'octroi de la mesure au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que la requête présentée par M. A est irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 22 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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