Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404091
mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 21 mars 2024 et le 18 avril 2024, la société par actions simplifiée (SAS) SORIN CRM, représentée par la SCP Waquet Farge Hazan, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 22 janvier 2024 par laquelle la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 50 000 euros et a ordonné la publication de cette amende sur le site internet de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et sur un support habilité à recevoir des annonces légales ;
2°) d'enjoindre à la DRIEETS de retirer la publication sur le site internet de la DGCCRF ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SAS SORIN CRM soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la publication faite à l'initiative et à ses frais porte atteinte à ses intérêts financiers et opérationnels et à sa réputation ;
Plusieurs moyens sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle viole les dispositions des articles L. 441-16 et L. 470-2 du code de commerce ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnait les lignes directrices édictées par la DGCCRF du 2 décembre 2021 ;
- elle méconnait le principe de proportionnalité des peines dans la détermination du montant de l'amende.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet de la région Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la requête n°2404251, enregistrée le 19 mars 2024, par laquelle la société SORIN CRM demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du commerce ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 19 avril 2024 à
10 heures 00.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de
M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;
- les observations de Me Narcy, représentant la société requérante, qui conclut aux fins par les mêmes moyens en précisant les écritures ;
- et les observations de Mme A, inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, représentant, par délégation, la directrice adjointe régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France, qui confirme les écritures en précisant ces dernières.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée SORIN CRM, créée en 1977, a pour activité la fabrication de dispositifs cardiaques pour le traitement des maladies cardiovasculaires et rénales. Dans le cadre d'une enquête nationale à l'initiative de la DGCCRF, la DRIEETS d'Île-de-France a adressé un avis de contrôle à la société exposante, le 24 février 2022, qui a eu lieu le 7 avril 2022. Après que l'agent vérificateur ait constaté des retards de paiements de certaines factures, une phase de contradictoire a été ouverte. Par des observations en date du 30 juin 2022, la société requérante a expliqué la raison des retards de paiements. Par un courrier en date du 9 octobre 2023, le directeur de la DRIEETS d'Île-de-France a informé la société qu'il envisageait de prononcer à son encontre une sanction administrative d'un montant de 50 000 euros, en y joignant un procès-verbal de constatation. Par un courrier en date du 12 décembre 2023, la société a fait part de ses observations à la DRIEETS. Par une décision du 22 janvier 2024, le directeur de la DRIEETS d'Île-de-France a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 50 000 euros et a ordonné la publication de cette sanction sur le site internet de la DGCCRF et sur un support habilité à recevoir des annonces légales. Par la présente requête, la société SORIN CRM demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la société par actions simplifiée SORIN CRM, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 22 janvier 2024 par laquelle la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 50 000 euros et a ordonné la publication de cette amende sur le site internet de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et sur un support habilité à recevoir des annonces légales. Par suite, les conclusions de la société par actions simplifiée SORIN CRM tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société par actions simplifiée SORIN CRM est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée SORIN CRM et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.
Copie en sera adressée pour information au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) d'Île-de-France.
Fait à Cergy, le 15 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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