Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404093
mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mars 2024 et le 14 mai 2024, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que sa situation personnelle aurait dû lui permettre de se voir accorder un titre de séjour de plein droit ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Bocquet pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bocquet, magistrate désignée ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant moldave né le 8 juin 1997 déclare être entré sur le territoire français en 2021. Le 19 mars 2024, l'intéressé a été placé en garde-à-vue pour des faits de conduite sans permis. Par un arrêté du même jour, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. C'est la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si M. C soutient que la décision en litige est entachée d'erreurs de fait dès lors que les éléments concernant sa situation familiale et professionnelle, ainsi que les circonstances de son entrée en France, sont erronés, il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police suite à son interpellation pour conduite sans permis, M. C a déclaré être entré en France en novembre 2022 muni d'un passeport et ne pas avoir de liens familiaux sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
3. M. C soutient que la décision en litige est entachée d'une erreur de droit dès lors que sa situation personnelle aurait dû lui permettre de se voir accorder un titre de séjour de plein droit. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C, qui n'a pas déposé de demande de titre de séjour, justifierait des éléments nécessaires à se voir délivrer, de plein droit, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Le moyen doit par conséquent être rejeté.
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. C soutient être arrivé en France en 2021 et vivre depuis sur le territoire en compagnie de sa partenaire et en lien étroit avec plusieurs membres de sa famille dont sa sœur. M. C affirme également travailler depuis vingt-sept mois en tant que technicien de télécommunication et entretenir de bonnes relations de travail et d'amitié avec son employeur et ses collègues. Toutefois, les pièces versées au dossier par M. C ne permettent pas d'établir ni la réalité des allégations de M. C, ni en quoi il aurait développé sur le territoire français des liens anciens, intenses et stables. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du
Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 15 mai 2024.
La magistrate désignée,
signé
P. Bocquet La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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