Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404096
mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024, Mme A D B C demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°)d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 30 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence est remplie, dès lors que son titre de séjour expire le 4 avril 2024 et que, malgré ses démarches, elle est dans l'impossibilité de prendre rendez-vous auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine en vue de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ; cette impossibilité matérielle d'obtenir un tel rendez-vous risque de la placer en situation irrégulière et en grande difficulté, l'un de ses employeurs soumettant la poursuite de son contrat de travail au renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'elle justifie de son droit à se maintenir en France et à obtenir le renouvellement de ce titre ;
-la mesure sollicitée est utile au regard des importants dysfonctionnements induits par la procédure de dématérialisation de la procédure de prise de rendez-vous à la préfecture des Hauts-de-Seine et dès lors qu'elle n'est jusqu'alors pas parvenue à obtenir un tel rendez-vous en dépit de ses tentatives répétées de connexion à la plateforme afin de télétransmettre sa demande de renouvellement de titre de séjour et des courriels et courriers qu'elle a adressés à la préfecture des Hauts-de-Seine ;
-la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire, enregistré le 29 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que Mme B C bénéficie d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 4 avril 2024 ;
- la requérante doit déposer sa demande sur le site " démarches-simplifiées ", dès lors qu'elle sollicite le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D B C, ressortissante paraguayenne née le 3 février 1979, s'est vu délivrer le 5 avril 2022, par la préfecture des Hauts-de-Seine, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 4 avril 2024. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse déposer une demande de renouvellement de ce titre de séjour.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. () ".
5. D'une part, il résulte de l'instruction que la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dont Mme B C souhaite obtenir le renouvellement lui a été délivrée sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, à la date de la présente ordonnance, les demandes de cartes de séjour présentées sur le fondement de ces dispositions ne figurent pas sur l'un des arrêtés mentionnés en annexe 9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne doivent donc pas être effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du même code. Dès lors, et ainsi que le fait valoir le préfet des Hauts-de-Seine en défense, il appartient à Mme B C de déposer sa demande de renouvellement de carte de séjour via le site " démarches-simplifiées ". Par suite, la requérante, qui établit uniquement avoir entrepris des démarches au niveau du téléservice ANEF ou directement auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine et de l'Agence nationale des titres sécurisés, par courrier ou par courriels, mais n'établit pas avoir essayé de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le site " démarches-simplifiées ", ne justifie pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'utilité, au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 16 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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