mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BOIARDI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2402106 du 25 mars 2024, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C E.
Par cette requête, enregistrée le 11 mars 2024 au greffe du tribunal administratif de Versailles et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 mai 2024, M. E, représenté par Me Boiardi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent d'enregistrer sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demandeur d'asile ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou en cas de son attribution au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à verser à son conseil, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions contestées :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- ces conditions d'interpellation sont déloyales et elles violent son droit fondamental à voir sa demande d'asile enregistrée ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnait son droit à être entendu ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de garanties de représentation suffisantes ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 mars 2024 et le 22 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné ;
- les observations de Me Boiardi, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes qu'elle expose à l'oral et soutient, en outre, que l'arrêté attaqué méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- et les observations de M. E.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant sri-lankais né le 1er octobre 1977, est entré en France en 1991 avec sa mère et son frère afin de rejoindre son père et a bénéficié du statut de réfugié du 3 août 1994 au 22 mars 2021, date à laquelle l'office français de protection des réfugiés et des apatrides lui a retiré son statut de réfugié. A la suite d'un contrôle effectué par les services de police alors que l'intéressé se rendait en préfecture déposer une demande de réexamen de sa demande d'asile le 8 mars 2024, le préfet du Val-d'Oise, par un arrêté du 9 mars 2024, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. E demande au tribunal l'annulation de cet arrêté du 9 mars 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par arrêté n° 23-071 du 22 décembre 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise le même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à M. D A, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement, à l'effet de signer toutes décisions portant obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration et de son adjointe. Il n'est pas établi que ces derniers n'étaient ni absents ni empêchés à la date des décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ". Et aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire () et les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".
4. Les décisions contestées visent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment le 3°, le 4° et le 5° de l'article L. 611-1, les articles L. 721-3 à L. 721-5 ainsi que les stipulations conventionnelles, en particulier les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet fait également état de la situation personnelle de l'intéressé. Ainsi, les décisions contestées, qui font apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, sont suffisamment motivées.
5. En troisième lieu, les conditions dans lesquelles le requérant a été interpellé par les services de police est sans incidence sur la légalité des décisions contestées et l'intéressé dispose toujours de la possibilité de présenter une demande d'asile en France.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait été expressément informé de l'intention du préfet de prendre à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français et les décisions qui l'accompagnent, il ressort des mentions des procès-verbaux de ses auditions par les services de police, les 8 et 9 mars 2024, qu'il a été interrogé à ces occasions sur sa situation personnelle et familiale et qu'il lui a été indiqué qu'il faisait l'objet d'une " fiche Schengen " depuis 2017 lui interdisant le droit de séjourner dans l'espace Schengen. M. E a eu ainsi la possibilité de présenter toutes observations utiles sur sa situation pouvant être prises en compte par le préfet avant l'édiction de la décision contestée. De plus, M. E ne se prévaut d'aucune circonstance qui si elle avait été portée à la connaissance de l'administration aurait pu avoir une incidence sur le contenu de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu et des droits de la défense doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. E soutient qu'il réside en France depuis 1991, qu'il a bénéficié d'un droit au séjour en France compte tenu du statut de réfugié qui avait été accordé à ses parents, lesquels ont obtenu aujourd'hui la nationalité française, qu'il est marié depuis 2012 à une compatriote qui dispose d'une carte de résident valable jusqu'au 17 mars 2025 et qu'il est le père de trois enfants scolarisés en France, nés respectivement en 2015, 2017 et 2019. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné en Suisse par la Cour d'assise de Genève, le 4 décembre 2007, à une peine de cinq ans, dix mois et vingt jours d'emprisonnement pour des faits notamment de viol, lésions corporelles simples, vol et recel, délit contre la loi suisse sur les stupéfiants. Il ressort également des pièces du dossier et notamment d'une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), du 22 mars 2021, que l'intéressé a été condamné en France par le tribunal correctionnel de Brest, le 19 septembre 2019, à une peine de quatre ans d'emprisonnement pour des faits d'agression sexuelle commis en 2014. Comme il ressort des éléments communiqués au cours de l'audience, M. E a terminé d'exécuter cette peine en juin 2022. Par ailleurs, le préfet fait valoir en défense qu'il ressort des mentions du fichier automatisé des empreintes digitales, que l'intéressé a été signalé pour des faits de vol à l'arraché commis en 2018 ainsi que des faits d'usage et de détention de stupéfiants commis en 2015 et en 2018. Si le requérant fait valoir qu'il n'a pas fait l'objet de poursuites pénales à ce titre, il ne conteste pas la matérialité de ces faits. Ainsi, eu égard à la gravité des faits commis par M. E et leur répétition, lesquels ne présentent pas un caractère ancien pour les derniers commis, la présence en France de l'intéressé représente une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, dont le statut de réfugié a été retiré par décision de l'OFPRA du 22 mars 2021, et son épouse justifieraient d'une insertion professionnelle particulière en France et il n'est pas établi qu'ils ne pourraient pas reconstituer leur cellule familiale hors de France. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise, en obligeant M. E à quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle de M. E doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du jugement et dès lors qu'il n'est pas établi que M. E ne pourrait pas reconstituer sa cellule familiale hors de France avec son épouse, une compatriote, et ses enfants, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui de conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant refus de délai de départ volontaire, ne peut être qu'écartée.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code prévoit que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. E un délai de départ volontaire, le préfet du Val-d'Oise a retenu les circonstances que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dès lors qu'il s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après le retrait de son titre de séjour et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes à défaut de justifier d'une résidence effective et d'un passeport en cours de validité. Si le requérant soutient qu'il dispose d'une résidence effective sis 30 avenue du docteur B dans la commune de Goussainville et produit à l'appui de ses allégations une attestation d'assurance habitation, il est constant qu'il ne démontre pas posséder de document de voyage en cours de validité et ne conteste pas utilement le bien-fondé des autres motifs retenus par le préfet pour lui refuser un délai de départ, dès lors qu'il s'est maintenu en situation irrégulière après le retrait de son statut de réfugié en ne cherchant à régulariser sa situation qu'à partir du 8 mars 2024 et que, pour les motifs énoncés au point 8, son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en ne retenant que ces derniers motifs. Dans ces conditions, en l'absence de circonstance particulière, la situation de M. E entrait dans les cas visés aux 1° et 3° de l'article L. 612-2 précité. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de renvoi :
14. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui de conclusions d'annulation dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, ne peut être qu'écartée.
15. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
17. M. E, dont le statut de réfugié lui a été retiré par une décision de l'OFPRA en date du 22 mars 2021 n'apporte aucun élément précis et circonstancié permettant d'établir qu'il serait personnellement exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui de conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, ne peut être qu'écartée.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
20. Il ressort des pièces du dossier que pour interdire à M. E de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an, le préfet du Val-d'Oise a retenu les circonstances que le comportement de l'intéressé constituait une grave menace pour l'ordre public, qu'il se maintient en situation irrégulière depuis le retrait du statut de réfugié qui lui avait été accordé et qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière. Pour les motifs énoncés au point 8 du jugement et dès lors qu'il n'est pas établi qu'il ne pourrait pas reconstituer sa cellule familiale hors de France, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Le moyen doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 21 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
S. Ouillon
La greffière,
Signé
Z. Bouayyadi La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026