Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404249

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2404249
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, Mme B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de prendre les mesures nécessaires pour lui octroyer un rendez-vous exceptionnel ou une prolongation de son titre de séjour actuel, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Elle soutient que sa demande est urgente dès lors que, compte tenu de la précarité de sa situation administrative, elle risque de perdre l'opportunité de signer un contrat à durée indéterminée. En outre, s'il lui a été octroyé un rendez-vous le 21 mai 2024 sans prolongation de son titre de séjour alors que ce dernier a expiré, elle invoque qu'en raison de sa situation administrative, son employeur actuel a suspendu son contrat de travail, ce qui bouleverse sa capacité à maintenir son emploi, à subvenir à ses besoins et à contribuer de manière positive à la société.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante malgache née le 15 juillet 1997 à Hjra Antananarivo à Madagascar, a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise " valable du 24 mars 2023 au 23 mars 2024. Par courriel, en date du 2 janvier 2024, elle a sollicité auprès de la sous-préfecture d'Argenteuil un rendez-vous dans le cadre de sa demande de changement de statut. Le 22 janvier 2024, la sous-préfecture d'Argenteuil lui a adressée une convocation pour un rendez-vous en sous-préfecture, le 21 mai 2024. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet compétent de prendre les mesures nécessaires pour lui octroyer un rendez-vous exceptionnel ou une prolongation de son titre de séjour actuel.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521 1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'autre part, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Val d'Oise de prendre les mesures nécessaires pour lui octroyer un rendez-vous exceptionnel ou une prolongation de son titre de séjour actuel, Mme A soutient que son titre de séjour ayant expiré, elle risque de perdre l'opportunité de signer un contrat à durée indéterminée. En outre, s'il lui a été octroyé un rendez-vous le 21 mai 2024 sans prolongation de son titre de séjour alors que ce dernier a expiré, elle invoque qu'en raison de sa situation administrative, son employeur actuel a suspendu son contrat de travail, ce qui bouleverse sa capacité à maintenir son emploi, à subvenir à ses besoins et à contribuer de manière positive à la société. Toutefois, Mme A n'établit par aucune pièce versée au dossier que son contrat de travail a été suspendu ni même n'établit qu'une offre de contrat de travail à durée indéterminée lui aurait été proposée par son employeur. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, la requérante ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle d'obtenir rapidement un rendez-vous en vue de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour avec changement de statut ou de se voir délivrer une prolongation de son titre de séjour. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise au préfet du Val d'Oise.

Fait à Cergy, le 8 avril 2024

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.