Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404484

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2404484
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés le 27 mars 2024, 3 avril 2024 et 4 avril 2024 sous le numéro 2404484, au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, M. C B, représenté par Me Smeth, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de mettre fin au signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'arrêté dans son ensemble :

- il a été pris par une personne incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnait les articles L. 423-23, L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est disproportionnée au regard des dispositions des articles L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de menace à l'ordre public ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de menace à l'ordre public ;

Sur la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête et trois mémoires complémentaires, enregistrés sous le numéro 2404487 le 27 mars 2024, 1er avril 2024, 2 avril 2024 et 4 avril 2024, M. C B, représenté par Me Smeth, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de 45 jours, renouvelable une fois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux ;

- il méconnait l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'atteinte disproportionnée portée ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'appréciation du comportement de M. B qui ne peut être qualifié de menace à l'ordre public ;

- il est fondé sur une obligation de quitter le territoire français illégale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bocquet comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique du 4 avril 2024 :

- le rapport de Mme Bocquet, magistrate désignée, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et que les conclusions portant contre la décision de refus de titre de séjour seront renvoyées en formation collégiale ;

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B est un ressortissant algérien né le 25 janvier 2003. Par un arrêté du 8 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant trois ans. Par un arrêté du 27 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°2404484 et 2404487 sont présentées par un même requérant, posent les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur la compétence de la formation de jugement :

3. Aux termes de l'article L. 732-8 : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. Le délai de quarante-huit heures prévu au premier alinéa est également applicable à la contestation de la décision d'assignation à résidence notifiée postérieurement à la décision d'éloignement, alors même que la légalité de cette dernière a été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée. Les dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 sont applicables au jugement de la décision d'assignation à résidence contestée en application du présent article.".

4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision d'assignation à résidence, ainsi que sur celles tendant à l'annulation de la décision d'éloignement qu'elle accompagne. En revanche, aucune disposition légale ou règlementaire ne donne compétence au magistrat désigné pour se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision de refus délivrance d'un titre de séjour. Par suite, les conclusions du requérant dirigées contre la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ne relèvent pas de la compétence du magistrat désigné en application des dispositions de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces conclusions, ainsi que les conclusions accessoires qui s'y rapportent, doivent donc être réservées jusqu'en fin d'instance, pour être jugées devant une formation collégiale du tribunal compétent.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français :

5. L'arrêté du 8 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français a été signé par M. Pascal Gauchi, secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature, consentie par l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine n°2023-056 du 31 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, par suite, être écarté.

6. L'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. M. B soutient qu'il réside en France depuis le mois d'août 2018 auprès de la personne qui s'en occupe au titre d'une kefala, de son frère et sa sœur, qu'il a poursuivi sa scolarité à son arrivée en France et est titulaire d'un CAP en qualité de peintre applicateur de revêtements depuis octobre 2022, démontrant qu'il est parfaitement inséré. Toutefois, le requérant ne réside en France que depuis quatre ans à la date de la décision attaquée et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et où il a vécu jusque l'âge de seize ans. En outre, s'il se prévaut de son insertion dans la société française et de l'absence de menace à l'ordre public représentée par son comportement, il ressort des pièces produites en défense, notamment du traitement des antécédents judiciaires, qu'il a été condamné un an après son entrée en France pour transport, détention, offre ou cession non autorisée de stupéfiants et qu'il a été par la suite interpellé pour conduite de véhicule sans assurance en 2021, occupation en réunion d'un espace commun d'immeuble collectif d'habitation en 2022 et usage illicite de stupéfiants à deux reprises en mars 2022 et juillet 2022. Dans ces conditions, eu égard au caractère relativement récent de son entrée en France, à la présence de ses parents dans son pays d'origine et à la réitération d'infractions contraires au respect de l'ordre public ne lui permettant pas de se prévaloir d'une insertion à la société française, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels sa décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il en est de même du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 doit être écarté. Il en est de même de celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

11. Aucun des moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français n'est fondé. Dès lors, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. Aucun des moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français n'est fondé. Dès lors, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

14. Il appartenait au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a accordé aucun délai de départ volontaire à M. B, d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d'une interdiction de retour sur le territoire français dont la durée ne pouvait excéder trois ans. Par ailleurs, ainsi qu'il l'a été dit au point 8, le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait disproportionnée au regard du but poursuivi. Par suite, les moyens tirés d'une méconnaissance des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

S'agissant de la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

15. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".

16. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation du signalement aux fins de non-admission de l'intéressé dans le système d'information Schengen sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

17. L'arrêté du 17 mars 2024 portant assignation à résidence a été signé par Mme A E, adjointe du chef du bureau des examens spécialisés de la préfecture des

Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature par arrêté n°2023-078 du 4 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine le 19 décembre 2023. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, par suite, être écarté.

18. L'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

19. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision contestée, que le préfet des Hauts-de-Seine a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre à son encontre la décision en litige. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écart

20. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

21. Pour prendre la décision portant assignation à résidence de M. B, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que ce dernier a fait l'objet, le 8 mars 2024, d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé, notifiée le même jour, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de trois ans, condition prévue par les dispositions précitées. Si le requérant soutient que cette mesure est disproportionnée en l'absence de caractérisation de la menace à l'ordre public qu'il représente, le préfet s'est fondé principalement sur le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la seule existence d'une obligation de quitter le territoire français sans délai était suffisante. Au demeurant, il ressort des éléments énoncés au point 8 que le préfet pouvait, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, considérer que le comportement de M. B représente une menace à l'ordre public au regard de ses multiples interpellations. Dès lors, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard des conséquences de cette décision.

22. Aucun des moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français n'est fondé. Dès lors, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision l'assignant à résidence, doit être écarté.

23. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet des Hauts-de-Seine du 8 mars 2024 et 27 mars 2024. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, voie de conséquence, celles à fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête n°2404484 de M. B tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2404484 et la requête n° 2404487 de M. B sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des

Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.

La magistrate désignée,

Signé

P. BocquetLe greffier,

Signé

M. D

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2404487