Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404530
jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404530 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, M. A B, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle.
Il soutient que la condition d'urgence est présumée être établie dans son cas, il a signé un contrat, de droit sénégalais, de chef opérateur-image pour le tournage au Sénégal d'un film fiction qui doit commencer, le 29 mars 2024, et que l'absence d'autorisation provisoire de séjour fait obstacle à ce qu'il puisse voyager vers le Sénégal, ou plutôt, l'empêcherait de revenir en France.
Vu :
- le jugement n° 2213291 du 25 octobre 2023 de la 11ème chambre du tribunal administratif de Montreuil ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant mexicain né le 12 novembre 1987, est entré régulièrement sur le territoire français afin d'y poursuivre des études entre 2009 et 2011. Il a séjourné à nouveau en France, entre le 15 septembre 2014 et le 30 septembre 2017 en qualité d'étudiant. Au terme de ses études, il a été mis en possession d'un titre de séjour mention " recherche d'emploi " puis mention " profession libérale " valable jusqu'au 14 juillet 2020. Le 5 novembre 2020, il a sollicité auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis un changement de statut et a présenté une demande de titre de séjour en qualité de salarié. Par un jugement n° 2213291 du 25 octobre 2023, le tribunal administratif de Montreuil a annulé l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 22 février 2022 et a enjoint au même préfet, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de trois mois à compter de la notification dudit jugement. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. () ".
4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521 1 et L 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de l'instruction que le requérant n'établit ni l'urgence ni l'utilité de sa demande au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. En tout état de cause, si M. B entend fait valoir l'inexécution du jugement n° 2213291 du 25 octobre 2023 du tribunal administratif de Montreuil et, en particulier de l'injonction à enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à un nouvel examen de la demande du requérant dans un délai de trois mois à compter de la notification dudit jugement, de telles conclusions relèvent des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative et il appartenait donc à M. B de saisir le tribunal compétent sur ce fondement et non sur celui de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copies en seront adressées au préfet des Hauts-de-Seine et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Cergy, le 4 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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