Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404556
mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, M. A B, représenté par Me Reynolds, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 février 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a classé sans suite sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) à titre principal, d'ordonner la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans le délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente de la décision au fond et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, ou à toute préfecture compétente, au réexamen de son dossier et de lui attribuer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail le temps de cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la prolongation de la précarité de sa situation pendant une durée anormalement longue créée une situation d'urgence ; qu'en outre, ne disposant pas de titre de séjour, il est contraint de vivre dans l'anxiété et qu'enfin, il vit dans l'incertitude de pouvoir se maintenir en France, de continuer à travailler ou simplement de circuler librement, ce qui entraîne des conséquences sur son emploi et sur sa vie de famille ;
- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
* elle a été prise par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le préfet du Val-d'Oise n'a pas pris en considération sa bonne intégration sur le territoire français alors qu'il est entré en France, le 24 septembre 2011, muni d'un visa portant la mention " étudiant " et qu'il fait preuve d'une très bonne intégration professionnelle, d'une part, et, d'autre part, n'a pas pris en compte l'intensité de ses attaches en France, ses enfants étant scolarisés en France depuis de nombreuses années.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2404375, enregistrée le 26 mars 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 19 avril 2024 à
10 heures.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience, le rapport de M. Poyet, juge des référés, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 7 mai 1988 à Brazzaville au Congo, est entré sur le territoire français le 24 septembre 2011 muni d'un visa de type " D " portant la mention " étudiant ". Il a obtenu une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 20 juin 2022 au 19 juin 2023 et en a sollicité le renouvellement auprès de la préfecture du Val-d'Oise, le 5 juillet 2023. Il bénéficié d'un récépissé de demande de carte de séjour valable du 5 juillet 2023 au 4 janvier 2024. Le 19 février 2024, la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B a été classée sans suite au motif qu'il a indiqué trois adresses différentes. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 19 février 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a classé sans suite sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 14 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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