Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404627

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2404627
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantWALTHER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2400735 du 29 mars 2024, enregistrée le même jour, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au présent tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme D.

Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistré le 4 avril 2024, Mme D, représentée par Me Walther, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois courant à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Walther au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière faute d'avoir été mise à même de présenter ses observations ;

- elle est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen suffisant de sa situation ;

- il n'est pas démontré que la décision de la Cour nationale du droit d'asile lui ait été régulièrement notifiée ;

- la décision en litige méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle contrevient à l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen suffisant de sa situation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Charlery, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article

L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 16 mai 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante congolaise née le 25 mars 1976, entrée en France le 14 décembre 2022 selon ses déclarations, a sollicité l'asile le 29 décembre 2022. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 20 avril 2023, notifiée le 2 mai 2023, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 5 octobre 2023, notifiée le 11 octobre 2023. Par un arrêté pris le 14 décembre 2023, dont l'intéressée sollicite l'annulation, le préfet de police de Paris a obligé Mme D à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. C B, chef du bureau de l'accueil de la demande d'asile à la préfecture de police de Paris, lequel avait reçu délégation du préfet de ce département à l'effet de signer notamment " tous actes, arrêtés, décisions () nécessaires à l'exercice des missions fixées par les articles R.*122-1 et R*.122-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", par un arrêté n°2023-00971 du 23 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de police de Paris librement accessible au juge comme aux parties. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes du 1er alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".

4. La décision faisant à Mme D obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde, notamment les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet mentionne également les éléments de fait propres à la situation personnelle de Mme D, en énonçant notamment que la demande d'asile de l'intéressée a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 20 avril 2023, notifiée le 2 mai 2023, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 5 octobre 2023, notifiée le 11 octobre 2023. Il précise également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée à sa vie privée et familiale et que cette dernière n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour sans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle. Ainsi, la décision attaquée répond aux exigences de motivation posées par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

6. Mme D fait valoir qu'elle disposait d'informations tenant à la présence en France de ses deux enfants, qui y sont scolarisés, et à leur investissement à tous les trois au sein de la paroisse de Vaucresson, lesquelles, si elle avait été mise à même de les communiquer, auraient pu avoir une incidence sur le sens de la décision. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Mme D ait sollicité, sans réponse, un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'elle ait été empêchée de présenter ces observations ou d'autres éléments pertinents avant que ne soit prise la décision attaquée. Dès lors, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait été adoptée en méconnaissance du droit d'être entendu. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4°) La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-4 du même code : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article R. 532-34 du même code : " Le secrétaire général de la Cour nationale du droit d'asile notifie la décision de la cour au requérant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et l'informe dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend du caractère positif ou négatif de la décision prise. " Enfin, aux termes de l'article R. 531-19 du même code : " La date de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui figure dans le système d'information de l'office, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire ".

8. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui demande l'asile a le droit de séjourner sur le territoire national à ce titre jusqu'à ce que la décision rejetant sa demande lui ait été notifiée régulièrement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, si un recours a été formé devant la Cour nationale du droit d'asile, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. A défaut, l'autorité administrative ne peut regarder l'étranger à qui l'asile a été refusé comme ne bénéficiant plus de son droit provisoire au séjour ou comme se maintenant irrégulièrement sur le territoire. En cas de contestation sur ce point, il appartient à l'autorité administrative de justifier que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été régulièrement notifiée à l'intéressé.

9. Mme D soutient qu'elle dispose du droit de se maintenir sur le territoire français, faute que le préfet de police de Paris apporte la preuve de la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile rejetant sa demande de réexamen. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé des informations de la base de données " Telemofpra ", versé au dossier par le préfet de police de Paris, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que le recours à l'encontre du rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 20 avril 2023 formé par Mme D a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile lue en audience publique le 5 octobre 2023, notifiée le 11 octobre 2023. Il ne ressort pas de l'extrait de l'application " Telemofpra ", versé à l'instance par le préfet de police de Paris, que le pli contenant cette décision soit revenu portant la mention " non distribué ". Ainsi, Mme D ne bénéficiait plus du droit à se maintenir sur le territoire français à compter de la date de lecture de cette décision. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation des dispositions susvisées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile () "

11. Mme D ne peut utilement invoquer la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées à l'encontre de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours qui n'implique pas par elle-même son renvoi dans son pays d'origine.

12. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

13. Mme D fait valoir que la décision en litige contrevient gravement aux intérêts de ses enfants, âgés de 10 et 13 ans, qui sont scolarisés en France où ils ont trouvé une stabilité indispensable à leur équilibre psychique. Toutefois, l'intéressée n'est arrivée en France qu'en décembre 2022 et ses enfants n'ont été scolarisés qu'à compter de la rentrée scolaire de 2023/2024, soit depuis très récemment. Par ailleurs, les deux enfants ont vécu en République Démocratique du Congo jusqu'en décembre 2022, où ils ont vocation à suivre leur mère, cette dernière ne faisant état d'aucun obstacle à ce qu'ils puissent à nouveau s'y intégrer et reprendre leur parcours scolaire. Par suite, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

14. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () "

15. Pour soutenir qu'elle a durablement installé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux, Mme D fait valoir qu'elle est entrée sur le territoire français en décembre 2022 avec ses deux enfants mineurs, pour échapper aux persécutions de son père et aux violences physiques et psychologiques de son ancien compagnon, père de ses enfants, circonstances dont il découle, selon elle, qu'elle doit être regardée comme dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine. Elle fait valoir également qu'elle est très investie dans les activités de la paroisse de Vaucresson. Toutefois, l'arrivée de Mme D en France est très récente et sa demande d'asile a été définitivement rejetée, de sorte qu'il ne ressort pas des conditions de son séjour qu'elle aurait fixé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux de manière ancienne, stable et durable. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

16. En premier lieu, la décision fixant le pays de renvoi vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne la nationalité de Mme D et indique qu'elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention précitée. Cette décision est, ainsi, suffisamment motivée. Par ailleurs, il ne ressort pas des mentions de la décision, ni d'aucune pièce du dossier, que le préfet de police de Paris aurait procédé à un examen insuffisant des risques encourus par l'intéressée en cas de retour dans son pays d'origine, lesquels ne sont ni détaillés ni établis, et alors que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides comme la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'asile.

17. En deuxième lieu, en se bornant à faire état de craintes de persécution par son ancien compagnon et par son père, lequel la contraindrait à un mariage forcé, sans apporter la moindre précision ni aucune pièce au soutien de ses allégations, Mme D ne démontre pas qu'elle serait exposée à des traitements proscrits par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions et stipulations ne peut qu'être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 décembre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et relatives aux frais de procédure.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Walther et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Charlery La greffière,

Signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.