Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404931

mercredi 17 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2404931
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 avril 2024, Mme B C, représentée par

Me Mohamed, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin de lui délivrer une attestation préfectorale dument remplie et rectifiée, au regard des dispositions de l'article

D. 512-2 5° du code de la sécurité sociale, lui permettant d'établir sa date d'entrée, et celle de ses enfants, sur le territoire français en 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'obtention de cette attestation est une condition nécessaire pour bénéficier de ses droits aux prestations sociales de la caisse d'allocations familiales ;

- la mesure demandée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'entrée de la requérante sur le territoire française est irrégulière et fait obstacle à ce qu'une attestation préfectorale lui soit délivrée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante égyptienne, est arrivée en France le 5 novembre 2015, selon ses déclarations. Elle sollicite auprès de la sous-préfecture d'Argenteuil une attestation, sur le fondement des dispositions de l'article D. 512-2 5° du code de la sécurité sociale, indiquant qu'elle était accompagnée de ses enfants lors de son entrée en France. Par une première attestation en date du 3 janvier 2024, les services préfectoraux ont relevé notamment que les dossiers des deux enfants, A et D contiennent des éléments quant à leur scolarisation depuis septembre 2016 sans information concernant la date d'entrée en France ni concernant le visa. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'enjoindre au préfet de lui fixer un rendez-vous afin de se voir délivrer cette attestation rectifiée avec mention de la date d'entrée de ses enfants le 5 novembre 2015.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de cet article, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Il résulte de l'instruction que, pour établir la date d'entrée en France de ses enfants, Mme C produit notamment une copie de deux pages de passeport comportant des tampons indiquant une entrée en France le 5 novembre 2015. Toutefois, l'intéressée n'apporte pas, par la seule production de ces copies de deux pages isolées sans identification des titulaires des passeports, la preuve de l'entrée sur le territoire français de ses enfants à la date du 5 novembre 2015. Par suite, la demande de Mme C se heurte à une contestation sérieuse et en outre est de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision de refus révélée par l'attestation qui lui a été délivrée le 3 janvier 2024.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'octroi de la mesure au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que la requête présentée par Mme C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise

Fait à Cergy, le 17 avril 2024.

La juge des référés,

signé

H. Le Griel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0