Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2404960
jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404960 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2024, M. B A, représenté par Me Van der Have, avocate, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision en date du 5 février 2024 par laquelle le sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt a rejeté sa demande, déposée le 14 décembre 2023 auprès de la mairie de de Fontenay-aux-Roses, tendant au renouvellement de sa carte nationale d'identité ;
2°) d'enjoindre au sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt de lui délivrer une carte nationale d'identité ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre ; en outre, il n'est plus en mesure de justifier de son identité ni d'entreprendre des démarches de la vie courante ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui :
* a été prise par une autorité incompétente ;
* est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
* est entachée d'erreurs de fait, dès lors qu'il n'a jamais eu à restituer sa carte nationale d'identité ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête n° 2405168, enregistrée le 5 avril 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application des dispositions de l'article L.511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces jointes à la requête que M. A a été titulaire d'une carte nationale d'identité française valable jusqu'au 25 février 2019 et que, le 21 septembre 2023, il a été placé sous contrôle judiciaire et astreint à la remise de son passeport au greffe du Tribunal judiciaire de Paris. Le 14 décembre 2023, M. A a déposé, auprès de la mairie de Fontenay-aux-Roses, une demande de renouvellement de sa carte nationale d'identité française. Par une décision en date du 5 février 2024, le sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt a rejeté cette demande au motif que la délivrance de ce titre était incompatible avec la mesure judiciaire dont il faisait l'objet.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ".
3. D'autre part, aux termes de L. 522-1 du même code: " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ". L'article L. 522-3 du code précité dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. Si le requérant demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'annuler la décision en date du 5 février 2024 par laquelle le sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt a rejeté sa demande, tendant au renouvellement de sa carte nationale d'identité française, cette demande est entachée d'une irrecevabilité manifeste, le prononcé d'une telle mesure excédant la compétence du juge des référés, dont l'office, ainsi qu'il a été rappelé ci-dessus au point 2, lui permet seulement de prononcer des mesures provisoires. En outre, M. A ne justifie pas de l'urgence de sa demande.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, dont les dispositions sont rappelées au point 3, et de rejeter, par suite, la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait, à Cergy-Pontoise, le 11 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
K. Kelfani
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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