Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405016

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405016
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M. B A demande au juge des référés d'enjoindre au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de prononcer le rétablissement de ses droits au revenu de solidarité active et la réduction de sa dette.

M. A soutient qu'il se trouve dans une situation précaire et que son projet professionnel est menacé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces jointes à la requête que, par une lettre en date du 1er février 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a informé le requérant qu'il avait perçu à tort 16 897,47 euros d'allocation de revenu de solidarité active pour la période du 1er septembre 2019 au 28 février 2022, que compte tenu des prélèvements ou des remboursements déjà effectués sa dette s'élevait à 14 641,02 euros et qu'il devrait rembourser cette somme auprès de la pairie départementale dès que celle-ci lui en ferait la demande. Il en ressort également que depuis une décision du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine en date du 23 mai 2023, qui contient l'énoncé des délais et voies de recours ouverts à son encontre, M. A a cessé de percevoir l'allocation de revenu de solidarité active au motif qu'il ne remplissait pas les conditions pour en bénéficier. Le requérant a fait l'objet d'une notification de saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre en date du 13 mars 2024 par le comptable public de la paierie départementale des Hauts-de-Seine pour avoir paiement de la somme de 14 641,02 euros qui a été infructueuse. M. A demande au juge des référés d'enjoindre au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de prononcer, d'une part, le rétablissement de ses droits au revenu de solidarité active et, d'autre part, la réduction de sa dette.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code précité : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. D'autre part, aux termes de L. 522-1 du même code: " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ". L'article L. 522-3 du code précité dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

4. En vertu de l'article R. 522-2 du code de justice administrative, le juge des référés n'est pas tenu d'adresser aux parties une invitation à régulariser leur requête avant d'en constater l'irrecevabilité.

5. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande. Toutefois, M. A se borne à saisir le juge des référés, sans préciser les dispositions du code de justice administrative sur le fondement desquelles sa requête est présentée.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement irrecevable et ne peut, par suite, qu'être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, dont les dispositions sont rappelées au point 3.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait, à Cergy-Pontoise, le 11 avril 2024.

Le juge des référés,

Signé

K. Kelfani

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.