Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405096

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405096
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCLL AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2024 sous le n° 2405096, la ville de Puteaux demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en vue de déterminer l'origine et les causes des désordres qui affectent le groupe scolaire site Voltaire à Puteaux (92800).

Elle soutient que :

- elle a conclu le 15 novembre 2016 un marché de maitrise d'œuvre pour la construction d'un groupe scolaire qu'elle a réceptionné le 18 octobre 2019 avec réserves ;

- plusieurs types de désordres évolutifs et rendant impropres à leur destination certains espaces ont été relevés, notamment des infiltrations au niveau d'une cage d'escalier pouvant provenir d'un défaut d'étanchéité du gros œuvre ou du carrelage, des défauts des menuiseries extérieures, empêchant la fermeture, l'ouverture ou l'aération normale de salles et qui ont dû être remplacées en urgence, des désagrégations de sols souples de la cour de récréation et d'une zone de loisir en rez de chaussée, des décollements de couche de finition ;

- plusieurs mises en demeure, constats et demandes de réparation des dommages du lot " menuiseries extérieures, métallerie, serrurerie " au titre de la garantie décennale, ont été adressés à la société Sarl Smti, sans résultat, ;

- la mesure d'expertise sollicitée est utile car elle doit permettre de déterminer avec exactitude les causes et origines des désordres, les responsabilités, l'estimation des coûts et préjudices.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, la société Coredif, représentée par Me Caron, conclut à ce qu'il lui soit donné acte de ce qu'elle s'associe et ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et formule les protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2024, la société Etandex, représentée par Me Le Febvre, conclut à ce que les dépens soient réservés, ne s'oppose pas à la demande d'expertise et formule les protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2024, la société Gan Assurances, représentée Me Pin, ne s'oppose pas à la demande d'expertise et formule les protestations et réserves d'usage.

La requête a été communiquée à la société Breitman et Associés, à la société Nortec Ingenierie, à la société Sarl Smti, à la société Omni Decors Sas, à la société compagnie d'assurances Maf, à la société compagnie d'assurances Smabtp, à la société Mma Iard, à la société Am Dallages, à la société Bati Co, à la société Scm Charpente Menuiserie, à la société Amenove Sas, à la société Dieco Sas qui n'ont pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".

2. L'expertise demandée par la ville de Puteaux qui vise à déterminer l'étendue et les causes des désordres constatés dans un groupe scolaire lui appartenant après la fin des travaux de construction entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les réserves exprimées :

3. Il n'appartient pas au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions citées au point 1 de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions présentées en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens :

4. Aux termes de l'article R. 761-4 du code de justice administrative : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise () est faite par ordonnance du président de la juridiction, () ".

5. Il ressort de ces dispositions, que, dans le cas d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au seul président du Tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires en application du premier alinéa de l'article R. 621-3 du code de justice administrative. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A B, exerçant 19 rue de Bellevue à Fontenay-Aux-Roses (92260), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

- se rendre sur les lieux, groupe scolaire Voltaire, 15 Rue Voltaire, à Puteaux (92800) ;

- procéder aux constatations et relevé précis et détaillé des désordres en se faisant communiquer ou en recherchant tous éléments qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

- donner un avis motivé sur les causes et origines de chaque désordre et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

- déterminer si les désordres apparus sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;

- déterminer l'ampleur et l'étendue des préjudices et le caractère évolutif des désordres ;

- indiquer la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle ;

- d'une façon générale, recueillir tous éléments techniques et de fait et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis en cas de saisine au fond de la juridiction.

L'expert remettra son rapport dans les meilleurs délais.

Article 2 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de la ville de Puteaux, de la société Breitman et Associés, la société Nortec Ingenierie, la société Coredif, la société Sarl Smti, la société Omni Decors Sas, la société compagnie d'assurances Maf, la société compagnie d'assurances Smabtp, la société Gan Assurances, la société Mma Iard, la société Am Dallages, la société Bati Co, la société Etandex, la société Scm Charpente Menuiserie, la société Amenove Sas, la société Dieco Sas.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la ville de Puteaux, à la société Breitman et Associés, à la société Nortec Ingenierie, à la société Coredif, à la société Sarl Smti, à la société Omni Decors Sas, à la société compagnie d'assurances Maf, à la société compagnie d'assurances Smabtp, à la société Gan Assurances, à la société Mma Iard, à la société Am Dallages, à la société Bati Co, à la société Etandex, à la société Scm Charpente Menuiserie, à la société Amenove Sas, à la société Dieco Sas et M. B, expert.

Fait à Cergy, le 6 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. BEAUFAŸS

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.