Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405148

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405148
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHORUS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le maire de GONESSE a rejeté son recours gracieux formé le 6 décembre 2023 dirigé contre la décision du 12 octobre 2023 portant opposition à la déclaration préalable déposée le 14 septembre 2023 relative à l'installation d'une station relais de téléphonie mobile en toiture d'un bâtiment sis 9 avenue Gabriel Péri, ensemble la décision entreprise ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Gonesse, pour le cas où l'existence d'une décision tacite de non opposition ne serait pas admise, à titre principal, de lui délivrer une décision de non-opposition dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réinstruire sa déclaration préalable en prenant une décision dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Gonesse la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, qu'il existe un intérêt public à ce que le territoire communal soit couvert par les réseaux de téléphonie mobile 3G, 4G et 5G, le territoire de la commune de Gonesse n'étant à cet égard que partiellement couvert par le réseau Free Mobile ; en outre, elle a pris des engagements envers l'Etat en termes de couverture, de délai de réalisation et de qualité de service ; elle se trouve de ce fait dans l'obligation de mettre en œuvre une gestion prévisionnelle à court ou très moyen terme de l'implantation de ses équipements, s'agissant notamment des réseaux 4 G, THD et 5 G ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

* elles ont été prises par une autorité incompétente ;

* elles sont entachées d'un vice de procédure, eu égard aux dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'au regard des dispositions de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme, la décision du 12 octobre 2023 doit s'analyser comme une décision de retrait, et que ce retrait est intervenu alors qu'elle était titulaire d'une décision tacite de non opposition ;

* elles ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

* elles sont entachées d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article UC 9.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, la commune de Gonesse, représentée par Me Le Boulch, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête et à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la SAS Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- il n'y pas lieu de statuer sur la requête, dès lors que le recours de la société requérante a perdu son objet, la décision du 12 octobre 2023, dont il est demandé la suspension, a été reconnue par le maire, en date du 10 novembre 2023, comme étant tardive et illégale ; par un arrêté en date du 10 janvier 2024, ce dernier a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable.

- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors d'une part, que le maire de la commune de Gonesse a, d'ores et déjà, renoncé au bénéfice de cette décision et d'autre part, que la société requérante a attendu six mois pour déposer sa requête en référé, manquant ainsi de diligence dans l'introduction de sa demande ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;

- elle demande en outre au tribunal de procéder à une substitution de motifs en fondant sa décision sur les dispositions de l'article 9.1.1 du PLU de la commune.

Par un mémoire en réplique enregistré le 3 mai 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin confirme ses conclusions par les mêmes moyens.

Elle fait valoir que la décision attaquée est la décision expresse de rejet du 12 octobre 2023 notifiée le 16 octobre 2023 portant retrait de la décision tacite de non opposition née le 14 octobre 2023. La requête n'est pas dépourvue d'objet.

II - Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 9 avril et 3 mai 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 10 janvier 2024, notifiée le 12 janvier 2024, par laquelle un adjoint au maire de la commune de Gonesse a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition née à son bénéfice le 14 octobre 2023 et portant sur l'installation d'une station relais de téléphonie mobile en toiture d'un bâtiment sis 9 avenue Gabriel Péri ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Gonesse la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il existe un intérêt public à ce que le territoire communal soit couvert par les réseaux de téléphonie mobile 3G, 4G et 5G, le territoire de la commune de Gonesse n'étant à cet égard que partiellement couvert par le réseau Free Mobile ; qu'en outre, elle a pris des engagements envers l'Etat en termes de couverture, de délai de réalisation et de qualité de service ; qu'enfin, elle se trouve de ce fait dans l'obligation de mettre en œuvre une gestion prévisionnelle à court ou très moyen terme de l'implantation de ses équipements, s'agissant notamment des réseaux 4 G, THD et 5 G ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle a été prise par une autorité incompétente ;

* elle procède au retrait d'une décision déjà retirée, dès lors qu'à la date à laquelle la décision de retrait est intervenue, soit le 10 janvier 2024, la décision tacite de non-opposition née le 14 octobre 2023, avait déjà été retirée par décision du 12 octobre 2023 notifiée par courrier électronique du 16 octobre 2023;

* elle est entachée d'un vice de procédure en raison du non-respect du principe du contradictoire en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

* elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 424-5 qui autorise le retrait d'une décision de non opposition si celle-ci est illégale et R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'existe pas d'incompatibilité faute d'absence d'homogénéité environnante dans le bâti et que le projet s'insère dans son milieu les fausses cheminées culminent à 11, 70 mètres elles ne dépasseront le point haut du toit que de 1, 10 mètres soit approximativement 10 % de la hauteur totale ;

* elle est entachée d'une erreur de droit, au regard des dispositions de l'article UC 9.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme qui préconisent que les antennes ne doivent pas être visibles depuis l'espace public dès lors que les antennes seront camouflées à l'intérieur de cheminées et seront totalement invisibles depuis l'espace public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, la commune de Gonesse, représentée par Me Le Boulch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la SAS Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que la société requérante a attendu six mois pour déposer sa requête en référé, manquant ainsi de diligence dans l'introduction de sa demande ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

- elle demande au tribunal de procéder à une substitution de motifs en fondant sa décision sur les dispositions de l'article 9.1.1 du PLU

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- les requêtes n°2403612 et 2405149, enregistrées les 20 mars et 21 mars 2024, par lesquelles la SAS Free Mobile demande l'annulation des décisions contestées.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 3 mai 2024 à

11 heures.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Le Griel, juge des référés ;

- les observations de Me Mirabel, représentant la SAS Free Mobile, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Le Boulch, représentant la commune de Gonesse, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile a déposé, le 14 septembre 2023, une déclaration préalable portant sur l'implantation d'une station relais composée d'antennes de téléphonie mobile sur un immeuble situé 9 avenue Gabriel Péri à Gonesse. En l'absence de réponse de la commune, une décision tacite de non-opposition est née le 14 octobre 2023. Par arrêté du 12 octobre 2023 notifié le 16 octobre 2023, la commune de Gonesse a fait opposition à cette déclaration préalable. La SAS Free Mobile a formé, par courrier en date du 1er décembre 2023, reçu le 6 décembre 2023, un recours gracieux contre cet arrêté. Par un arrêté en date du 10 janvier 2024, notifié le 12 janvier 2024, la commune de Gonesse a relevé la tardivité de l'arrêté d'opposition du 12 octobre 2023, a retiré la décision tacite de non opposition née le 14 octobre 2023 et a fait expressément opposition à la déclaration préalable de la société Free Mobile. Par la présente requête, la SAS Free Mobile demande à la juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 12 octobre 2023 par laquelle l'adjoint au maire de la commune de Gonesse a fait opposition à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée ainsi que celle de l'arrêté d'opposition à déclaration préalable du 10 janvier 2024.

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2405148 et 2405149 concernent la situation de la même société requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.

Sur l'exception de non-lieu à statuer que la requête n° 2405148 :

3. Il est constant, que préalablement à l'introduction des présentes requêtes et des requêtes au fond auxquelles elles se rattachent enregistrées les 20 et 21 mars 2024, la commune de Gonesse, a, par décision du 10 janvier 2024 notifiée le 12 janvier 2024, relevé la notification tardive de la décision d'opposition à déclaration préalable des travaux du 12 octobre 2023 notifiée le 16 octobre suivant, a procédé expressément au retrait de la décision tacite de non opposition née le 14 octobre 2023 et a fait opposition à la déclaration préalable de la société Free Mobile. Elle a ainsi implicitement mais nécessairement également retiré la décision du 12 octobre 2023 en litige. Toutefois, dès lors que l'arrêté attaqué du 10 janvier 2024 est contesté dans les présentes instances, le retrait implicite de l'arrêté du 12 octobre 2023 n'a pas acquis de caractère définitif. Il suit de là que l'intervention de l'arrêté du 10 janvier 2024 n'a pas privé d'objet les conclusions de la requérante dirigées contre celui du 12 octobre 2023. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense ne peut, en tout état de cause, être accueillie.

Sur les conclusions à fin de suspension des arrêtés attaqués :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

6. En l'espèce, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile et aux intérêts propres de la société Free Mobile, qui a pris des engagements vis-à-vis de l'État quant à cette couverture du territoire par ses réseaux de téléphonie mobile de troisième génération (3 G), de quatrième génération (4 G) et de cinquième génération (5 G), ainsi qu'à la circonstance que la partie du territoire de la commune de Gonesse sur laquelle la station relais doit être implantée n'est pas couverte par les réseaux de la société Free Mobile, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie. A cet égard, est sans incidence sur l'urgence de la demande de la société Free Mobile, et au demeurant notamment eu égard à la succession des décisions prises par la commune, la circonstance que la société requérante ait attendu le mois de mars 2024 pour déposer ses recours en annulation et le 9 avril pour saisir le juge des référés de sa demande de suspension.

En ce qui concerne l'existence de moyen sérieux

7. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Aux termes de l'article 9.1.1 du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et des clôtures dont il résulte " Les constructions doivent s'insérer dans le paysage naturel et bâti. Cette intégration doit respecter la végétation existante et le site bâti ou non et le relief naturel du terrain () ". Aux termes de l'article 9.1.5 : " Les éléments techniques " - " Les antennes TV individuelles devront de préférence être posées dans les combles perdus. les antennes paraboliques et autres antennes doivent être installées en toiture, en retrait des façades et ne pourront être en saille sur le domaine public. Elles ne devront pas être visible depuis l'espace public () ".

8. Pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile, le maire de la commune de Gonesse s'est fondé sur les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et sur les dispositions de l'article 9.1.5 du plan local d'urbanisme. Il a estimé que la réalisation de trois cheminées de 3, 7 mètres de hauteur et de 1, 3 mètres de largeur, en toiture d'un immeuble d'habitation d'une hauteur de 8 mètres de haut (bâtiment R+2) sur une rue sans émergence de toiture, qui présente une originalité dans la conception de sa toiture et sur la partie arrière en R+2 d'une hauteur de 10, 6 mètres y inclus les combles situés dans la toiture arrondie, avait pour conséquence d'augmenter la hauteur du bâtiment de 46, 25 %. La commune soutient ainsi que le projet est de nature à dégrader l'architecture du bâtiment existant et la perspective du paysage urbain environnant, qui par la dimension des cheminées présentent les caractéristiques d'ouvrages industriels, et qu'il ne s'insère pas dès lors dans l'environnement avoisinant.

9. Le projet de la société Free Mobile d'installation d'une station de relais de téléphonie mobile se situe en zone UC du plan local d'urbanisme, qui correspond à une " zone urbaine à vocation principale d'habitat composée d'ensembles cohérents d'habitations collectives ". Il ressort pour autant des photographies produites que la rue Gabriel Peri comporte des maisons d'habitations individuelles de configuration et de hauteur différentes et des bâtiments collectifs ne présentant pas des caractéristiques spécifiques et homogènes. Le terrain d'assiette se situe ainsi dans une zone ne présentant aucune caractéristique naturelle, esthétique, architecturale ou urbanistique susceptible de lui conférer un intérêt pouvant faire obstacle à l'installation de l'équipement projeté. En outre, s'il apparaît effectivement que le bâtiment support du projet comporte une partie de la toiture en dôme, et que le projet est prévu sur les parties les moins élevées et plates de la toiture l'implantation des antennes relais intégrées dans de fausses cheminées, peintes dans une teinte blanche à l'identique de la toiture plate en façade du bâtiment, qui ne constituent pas des antennes telles que prévues par les dispositions de l'article 9.1.5 du PLU, et tendant ainsi à assurer leur bonne insertion dans le site environnant, est de nature à permettre au projet d'en faciliter l'insertion dans l'environnement, lequel n'apparaît pas présenter de caractéristiques particuliers qui s'opposeraient à l'implantation de ces cheminées.

10. Par ailleurs, la commune de Gonesse demande au tribunal de procéder à une substitution de motifs en fondant sa décision sur les dispositions de l'article 9.1.1 du PLU au motif que le projet créera un véritable déséquilibre entre l'ouvrage sur lequel est prévu l'implantation et la façade sur rue de ce bâtiment. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, il ne ressort pasdes éléments du dossier, en l'état de l'instruction, que ce motif est susceptible de fonder légalement l'arrêté attaqué. Il ne peut, dès lors, être procédé à la substitution de motif demandée pour apprécier s'il y a lieu d'ordonner la suspension de cet arrêté.

11. Dans ces conditions, les motifs tirés de la méconnaissance par la déclaration de travaux déposée le 14 septembre 2023 par la société Free Mobile de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de la réglementation de la zone du plan local d'urbanisme de la commune de Gonesse - article 9.1.5 -, ne sont pas de nature à justifier légalement le refus d'autorisation d'urbanisme attaqué. Dès lors, les moyens tirés de ce que, en s'opposant à la déclaration de travaux préalable déposée par la société Free Mobile, le maire de la commune de Gonesse a méconnu les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de la réglementation de la zone UC du plan local d'urbanisme de la commune - article 9.1.5 - sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant la légalité des arrêtés en litige. Par ailleurs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration est également, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 12 octobre 2023 en litige, de même que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme invoqué à l'encontre de la décision du 10 janvier 2024.

12. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme les autres moyens des requêtes ne sont pas susceptibles de fonder, en l'état du dossier, la suspension de l'exécution des arrêtés attaqués.

13. Il résulte de ce qui précède que la société Free Mobile est fondée à demander la suspension de l'exécution des arrêtés des 12 octobre 2023 et 10 janvier 2024, par lesquels le maire de la commune de Gonesse s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée le 14 septembre 2023 en vue de l'installation d'une station relais de téléphonie mobile 9 rue Gabriel Péri.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

14. Eu égard aux motif énoncés ci-dessus, la suspension de l'exécution des arrêtés des 12 octobre 2023 et du 10 janvier 2024 par lequel le maire de la commune de Gonesse s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile implique nécessairement la délivrance d'une décision provisoire de non-opposition à déclaration préalable. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Gonesse de délivrer à la société Free Mobile, dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une décision provisoire de non-opposition à la déclaration préalable de travaux déposée le 14 septembre 2023 par la société Free Mobile, jusqu'à ce que le Tribunal statue sur la requête au fond. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la société Free Mobile, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Gonesse doivent, par suite, être rejetées.

16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Free Mobile sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution des arrêtés des 12 octobre 2023 et 10 janvier 2024, par lesquels le maire de la commune de Gonesse s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée le 14 septembre 2023 par la société Free Mobile en vue de l'installation d'une station relais de téléphonie mobile 9 rue Gabriel Péri, est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Gonesse de délivrer à la société Free Mobile, dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une décision provisoire de non-opposition à la déclaration préalable de travaux déposée le 14 septembre 2023.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Free Mobile et les conclusions de la commune de Gonesse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Gonesse.

Fait à Cergy, le 14 mai 2024.

La juge des référés,

signé

H. Le Griel

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. et 2405149