Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405197

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405197
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 avril 2024, M. B A, représenté par Me Vi Van, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'enregistrer sa demande de titre de séjour et lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, à verser à Me Vi van sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que celle-ci s'engage à renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, ou à lui-même dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.

M. A soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut justifier de la régularité de son séjour, qu'il est exposé au risque de ne pas pouvoir se présenter à ses examens et il se trouve placé dans une situation de précarité professionnelle ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit à une privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière de référé-liberté instituée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières et propres à chaque espèce caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

2. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, M. A fait valoir que le défaut d'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de remise d'un récépissé de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, l'empêche de passer les épreuves du certificat d'aptitude professionnel option " production et Service en restauration " aux mois de mai et juin 2024 et a pour risque d'entrainer la suspension de son contrat d'apprentissage par son employeur. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction et notamment de l'attestation de dépôt produite au dossier que l'intéressé a déposé son dossier de demande de titre de séjour le 8 février 2024. D'autre part, les seuls éléments qu'il produit à l'appui de sa demande, dès lors que M. A n'apporte aucun élément démontrant un risque de suspension à très brève échéance de son contrat d'apprentissage, ni de la date précise des épreuves du diplôme de CAP, ne sauraient suffire à caractériser l'existence d'une situation d'urgence rendant nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, d'une mesure visant à sauvegarder les libertés fondamentales invoquées.

3. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il y ait lieu d'examiner la condition d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale et sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente requête sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 24 avril 2024.

La juge des référés,

signé

Mme C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.