Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405225
lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405225 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Diarra, avocate, demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer en vue de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans l'attente de la fabrication de sa carte de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer sa carte de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
-la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle a déposé une demande de changement de statut lors du renouvellement de son titre de séjour le 28 janvier 2023, qu'elle est contrainte de travailler dans un domaine en dehors de sa formation pour faire face à ses charges quotidiennes en attendant la fabrication de sa carte de séjour, situation qui porte atteinte à son avenir professionnel ainsi qu'à sa liberté d'aller et venir ;
-la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
-la mesure demandée est utile, dès lors qu'elle ne parvient pas à obtenir la délivrance de son titre de séjour et qu'elle est légitime à demander cette mesure.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a produit aucune observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".
2. Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une " carte de séjour ". Le prononcé d'une telle mesure, qui ne présente pas le caractère d'une mesure provisoire, excède la compétence du juge des référés.
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Il ressort des pièces jointes à la requête que Mme A est titulaire d'un document intitulé " Attestation préfectorale - Recherche d'emploi ou création d'entreprise " qui lui a été délivrée par le bureau du séjour des étrangers de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui indique que le dossier qu'elle a déposé le 28 janvier 2023 est en cours d'instruction et précise : " Dans l'intervalle, la présente attestation vous maintient en situation régulière et vous autorise à travailler jusqu'à la date de la décision de l'administration ". Dans ces conditions, la requérante, qui ne saurait utilement se prévaloir de ce que de potentiels employeurs ne trouveraient pas ce document fiable, n'est pas fondée à soutenir que sa demande tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler présente un caractère utile.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait, à Cergy-Pontoise, le 15 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
K. Kelfani
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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