Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405235

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405235
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAARPI ARKHE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 avril et 2 mai 2024, M. D C et Mme B C, représentés par Me Piquot-Joly, avocate, demandent au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 28 novembre 2023, par lequel le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a accordé à la société C.T. Home, représentée par Mme E, le permis de construire, référencé n° PC 92004 23 00041, autorisant des travaux sur construction existante, division parcellaire, surélévation, modification de façade et création d'un logement sur le terrain cadastré K 132 situé 10 avenue des Tuyas, et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé par une lettre en date du 22 janvier 2024, reçue par la commune le 29 janvier 2024 ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Asnières-sur-Seine la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et Mme C soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir, dès lors que leur résidence principale n'est séparée du terrain d'assiette du projet que par la voie publique, particulièrement étroite à cet endroit, et que le balcon envisagé qui se situe en limite de voie publique créera une vue directe sur leur jardin et sur les fenêtres de leur salon ;

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que les travaux sont en cours d'exécution et ne sont pas achevés ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué qui :

* a été pris par une autorité incompétente ;

* méconnaît l'article UD 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Asnières-sur-Seine ;

* méconnaît l'article UD 7-1-2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Asnières-sur-Seine ;

* méconnaît l'article UD 10-2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Asnières-sur-Seine ;

* méconnaît l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Asnières-sur-Seine.

La société C.T. Home a produit des pièces, enregistrées le 29 avril 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2024, la commune d'Asnières-sur-Seine conclut au rejet de la requête.

La commune d'Asnières-sur-Seine fait valoir que :

- les conditions d'utilisation, de jouissance ou d'occupation de la propriété des requérants seront très peu affectées par la nouvelle construction et les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité, la recevabilité de la requête n'est donc pas démontrée au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens invoqués par les requérants n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2024, la SAS C.T. Home, représentée par Me Mathieu, avocat, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir à l'encontre du permis de construire ;

- aucun des moyens invoqués par M. et Mme C n'est de nature à prospérer.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2405514 enregistré le 11 avril 2024, par laquelle la société requérante demande l'annulation de l'arrêté contesté.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal, a désigné M. Kelfani, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 3 mai 2024 à 11 heures.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de

M. Grospierre, greffier :

- le rapport de M. Kelfani, juge des référés ;

- les observations de Me Piquot-Joly ;

- les observations de M. A, agent municipal et juriste, représentant la commune d'Asnières-sur-Seine ;

- et celles de Me Mathieu.

La SAS C.T. Home, représentée par Me Mathieu, a produit une note en délibéré le 6 mai 2024 à 10 heures 02.

M. et Mme C, représentés par Me Piquot-Joly, ont produit des pièces complémentaires le 6 mai 2024 à 12 heures 14.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 28 novembre 2023, le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a accordé à la société C.T. Home, représentée par Mme E, un permis de construire autorisant des travaux sur une construction existante, une division parcellaire, une démolition partielle, une surélévation, une modification de façade et la création d'un logement, sur le terrain cadastré K 132 situé, 10 avenue des Tuyas. Par une lettre recommandée avec accusé de réception, en date du 22 janvier 2024 et réceptionnée par la commune le 29 janvier 2024, M. et Mme C, propriétaires de leur résidence principale située 7 avenue des Tuyas à Asnières-sur-Seine, ont formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui est demeuré sans réponse. M. et Mme C demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté et du rejet implicite de leur recours gracieux.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par les requérants à l'encontre de l'arrêté de la maire de la commune d'Asnières-sur-Seine en date du 28 novembre 2023, susvisé et indiqués dans les visas de la présente ordonnance, ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Asnières-sur-Seine et la société C.T. Home, que la requête de M. et Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société C.T. Home présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la SAS C.T. Home présentées sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C et Mme B C, à la commune d'Asnières-sur-Seine et à la société C.T. Home.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait, à Cergy-Pontoise, le 6 mai 2023.

Le juge des référés,

Signé

K. Kelfani

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.