Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405249
mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2024, M. A B, représenté par Me Denise demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de prendre toutes mesures utiles afin de faire cesser l'impossibilité d'accès aux services de la préfecture des Hauts-de-Seine pour renouveler sa carte de résident de dix ans, la rupture de la continuité du service public ainsi que les atteintes portées à ses droits élémentaires ;
2°) ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer une date de rendez-vous, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil Me Denise, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il se retrouve en situation irrégulière, et ce, en raison d'une erreur des services préfectoraux dès lors qu'il n'est pas la personne concernée par la mesure d'interdiction définitive du territoire national ; la prolongation de sa situation précaire pendant une durée anormalement longue crée une situation d'urgence ;
- la mesure est utile, le silence de l'administration le privant de toute voie de droit lui permettant le règlement de sa situation et la mesure sollicitée visant à obtenir une convocation aux fin de renouvellement de son titre de séjour ne souffre d'aucune contestation ;
- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 31 décembre 1966 serait entré en France, selon ses écritures en 1989. Il s'est vu délivrer une carte de résident valable du 10 avril 2013 au 9 avril 2023 dont il a sollicité le renouvellement. Il a été mis en possession d'un récépissé de demande de renouvellement d'un titre de séjour valable du 9 février 2023 au 9 octobre 2023. M. B demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de prendre toute mesures utiles afin de faire cesser l'impossibilité d'accès aux services de la préfecture des Hauts-de-Seine pour renouveler sa carte de résident de dix ans, la rupture de la continuité du service public ainsi que les atteintes portées à ses droits élémentaires et de lui fixer une date de rendez-vous afin d'obtenir le renouvellement de son titre de séjour.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L.522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ".
3. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles , fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par courrier du 11 août 2023, valant formulaire d'attestation à compléter par le requérant, les services préfectoraux ont informé M. B que le préfet envisageait de mettre à exécution la mesure d'éloignement résultant de la mesure d'interdiction définitive du territoire prise à son encontre par la chambre des appels correctionnels de Paris le 1er avril 1997 et l'ont ainsi invité à faire part de ses observations en retour, ce qu'il a fait le 17 août 2023, indiquant qu'il n'était pas la personne concernée par cette mesure d'interdiction. Par courrier reçu par les services préfectoraux le 8 septembre 2023, il a sollicité l'abandon immédiat de la procédure en cours diligentée à son encontre. Il résulte ainsi de l'instruction que le silence gardé par l'administration sur cette contestation a fait naître en dernier lieu, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour le 8 novembre 2023. Dès lors, la mesure sollicitée fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative et n'est donc pas au nombre des mesures que le juge des référés a le pouvoir d'ordonner en application des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête ne répondent pas aux exigences de l'article L. 521-3 précitées et ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 15 mai 2024.
La juge des référés,
Signé
H. Le Griel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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