Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405369
mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405369 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2024, M. A B, représenté par Me de Combles de Nayves, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 1er février 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de passeport biométrique et de la décision du 6 mars 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un passeport ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le refus de délivrance d'un passeport à jour restreint considérablement sa liberté d'aller et venir et sa liberté personnelle ;
- il existe plusieurs moyens de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions des articles 4 et 5 du décret n°2005-1726 du 30 décembre 2005, dès lors qu'il n'existe aucune incompatibilité entre le contrôle judiciaire auquel il est soumis et la détention d'un passeport à jour et qu'aucune mesure judiciaire ne l'empêche de se déplacer comme il souhaite, à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2405678, enregistrée le 15 avril 2024, par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité française né le 12 février 2024 à Clichy, a déposé le 8 janvier 2024 une demande de renouvellement de son passeport biométrique à la mairie de Clichy la Garenne. Par une décision en date du 1er février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé sa demande au motif qu'il fait l'objet d'une mesure judiciaire. Le 6 février 2024,
M. B a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision auprès du préfet des Hauts-de-Seine, lequel a été rejeté par un courrier en date du 6 mars 2024. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de ces décisions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. B soutient que les décisions attaquées portent atteinte à son droit d'aller et venir ainsi qu'à sa liberté personnelle, dès lors qu'il entend effectivement se déplacer à l'étranger à bref délai. Toutefois, les restrictions à la liberté d'aller et venir de l'intéressé résultent du contrôle judiciaire ordonné par le juge d'instruction jusqu'à sa comparution devant le tribunal correctionnel. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme établissant l'urgence qui s'attacherait à la suspension de l'exécution des décisions en date des 1er février et 6 mars 2024.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Cergy, le 7 mai 2024
Le juge des référés,
Signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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