Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405559

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405559
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, M. A C demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour portant la mention " salarié ", dans le délai de

15 jours courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme à lui verser dont le montant est laissé à l'appréciation du juge, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- l'impossibilité devant laquelle le place l'administration d'obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour le maintient dans une situation d'irrégularité au regard du droit au séjour, qui l'expose à faire l'objet d'une mesure d'éloignement et dans une situation de précarité ;

Sur l'utilité de la mesure :

- les dysfonctionnements du système de prise de rendez-vous font obstacle à ce qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour, en l'absence de toute procédure alternative ;

Sur l'absence d'obstacle à une décision administrative :

- aucune décision implicite n'est née en l'espèce.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Charlery, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sri-lankais né le 16 avril 1989, déclare être entré en France en 2020. Le 22 novembre 2023, il a déposé une demande d'admission exceptionnelle a séjour au titre du travail sur la plateforme de l'administration numérique en France (ANEF) " démarches-simplifiées.fr ", dont il a été accusé réception le 23 novembre suivant. Malgré plusieurs relances par courriels en date des 29 février, 8 mars et 14 mars 2024, M. A n'a pas obtenu de date de rendez-vous. Par la présente requête, l'intéressé demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Et, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y étudier, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

4. En l'espèce, en se bornant à soutenir qu'il risque d'être éloigné de sa compagne, laquelle est en situation régulière sur le territoire et qu'il envisage d'épouser, M. A n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence particulière nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai et impliquant que sa demande de titre de séjour, qui a le caractère d'une première demande et non d'un renouvellement, soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation. Ne caractérise pas davantage une situation d'urgence, la circonstance que sa présence serait indispensable au fonctionnement de la société qui l'emploie, ainsi qu'il ressort d'une lettre en date du 2 avril 2024 signée de son employeur. Et ce, d'autant plus qu'il ressort de la capture d'écran de l'extrait de l'espace personnel qui lui est dédié sur le site de l'ANEF, qu'un délai d'instruction de la demande doit être attendu, lequel est compris entre 5 et 7 mois à compter de la date d'enregistrement, le 22 novembre 2023, soit jusqu'à une date comprise entre le

22 avril et le 22 juin 2024.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère utile des mesures demandées, qu'il convient de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C

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Fait à Cergy, le 23 avril 2024.

La juge des référés,

signé

C. Charlery

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2405559