Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405571
mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405571 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, M. C A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Il soutient qu'il a toujours souhaité déposer une demande d'asile en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier.
Il indique confirmer son arrêté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon, vice-président, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant sri-lankais né le 13 juillet 1984 a présenté une demande d'asile en France le 29 février 2024. La consultation du fichier Eurodac a révélé que l'intéressée a sollicité l'asile préalablement auprès des autorités italiennes. Les autorités italiennes, saisies le 5 mars 2024 d'une demande de prise en charge de M. A B, ont accepté explicitement la requête du préfet le 15 mars 2024. Par un arrêté du 4 avril 2024, notifié le même jour, le préfet du Val-d'Oise a décidé le transfert de M. A B aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. A B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Il résulte de ces dispositions que si le préfet peut refuser l'admission au séjour d'un demandeur d'asile au motif que la responsabilité de l'examen de cette demande relève de la compétence d'un autre Etat membre, il n'est pas tenu de le faire et peut autoriser une telle admission au séjour en vue de permettre l'examen d'une demande d'asile présentée en France.
3. M. A B fait valoir qu'il souhaite déposer une demande d'asile en France. Toutefois, si le règlement du 26 juin 2013 a pour objet de garantir aux ressortissants étrangers un examen circonstancié de leur demande d'asile, il ne leur permet pas de choisir, parmi les États membres, celui qui sera responsable de cet examen. En l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que les empreintes de M. A B ont été enregistrées par les autorités italiennes le 15 février 2024. En outre, M. A B ne démontre pas qu'il existerait un risque que les autorités italiennes n'examinent pas sérieusement sa demande de protection internationale ou que cette demande aurait été rejetée. Enfin, le requérant ne fait valoir aucune autre circonstance particulière susceptible de caractériser une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commis le préfet du Val-d'Oise en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Ce moyen ne peut ainsi qu'être écarté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 7 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
S. Ouillon La greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026