Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405634
lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024, M. B A C, représenté par Me Cardoso, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer pour un rendez-vous afin qu'il puisse déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et qu'un récépissé lui soit délivré, dans un délai de 7 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; à défaut, de lui délivrer un titre de séjour ;
2°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
Il soutient que :
- sa demande est urgente dès lors qu'il se trouve en situation irrégulière et sans possibilité de travailler ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a sollicité la préfecture à de nombreuses reprises pour faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Il résulte de l'instruction que M. B A C, ressortissant camerounais né le 19 juin 2002, entré mineur en France en 2018 puis pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, titulaire d'une carte de séjour en qualité de travailleur temporaire valable jusqu'au 7 juin 2023, a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour et a bénéficié d'un premier récépissé valable jusqu'au 6 décembre 2023, délivré par la préfecture de police de Paris. Suite à son changement d'adresse, il a été convoqué le 22 décembre 2023 pour un rendez-vous à la sous-préfecture de Boulogne-Billancourt, auquel il n'est pas allégué qu'il ne se serait pas rendu, sans que sa demande de renouvellement de titre de séjour soit enregistrée. M. C a ensuite tenté en vain, à plusieurs reprises, de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, laquelle est rendue nécessaire pour la poursuite de ses études. Dans ces conditions, la demande de l'intéressée revêt un caractère urgent et utile au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que cette demande ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ni qu'elle se heurterait à une contestation sérieuse, le préfet des Hauts-de-Seine n'ayant pas présenté d'observations en défense.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de communiquer à M. C, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de convocation afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, sans qu'il soit nécessaire à ce stade d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. Il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle soit prononcée et que son avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de cette dernière le versement à Me Cardoso d'une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Si l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle n'est pas prononcée, la même somme est mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de communiquer à M. C, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de convocation afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Article 2 : Sous les réserves mentionnées au dernier point de la présente ordonnance, l'État versera à Me Cardoso, avocate de M. C, la somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Si l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle n'est pas prononcée, la même somme est mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A M. C, à Me Cardoso et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 13 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
P.-H. d'Argenson
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405634
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