Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405805
mercredi 8 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405805 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 et 30 avril 2024,
M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans les plus brefs délais.
Il soutient qu'en exigeant son passeport, lequel est en cours de renouvellement dans le cadre de son renouvellement de titre de séjour, alors qu'il a fourni l'ensemble des documents nécessaires, dont une attestation consulaire de l'ambassade de Maurice attestant de sa nationalité mauricienne, l'instructeur de l'ANEF fragilise ses droits, sa stabilité sur le territoire français et sa vie professionnelle, dès lors que son contrat de travail a été suspendu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant mauricien né le 28 février 1996 à Maurice, a déposé, le 9 avril 2024, une demande de renouvellement de titre de séjour sur la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Son passeport étant en cours de renouvellement, il a, dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour, soumis une attestation consulaire de l'ambassade de Maurice justifiant de sa nationalité mauricienne. Toutefois, sur la plateforme de l'ANEF, lui a été demandé de transmettre son passeport pour l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans les plus brefs délais.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Pour justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, à très brefs délais, de la mesure d'injonction qu'il demande, M. A soutient qu'en exigeant son passeport, lequel est en cours de renouvellement, alors qu'il dispose d'une attestation consulaire de l'ambassade de Maurice attestant de sa nationalité mauricienne, l'instructeur de l'ANEF, dans le cadre de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, fragilise ses droits, sa stabilité sur le territoire français et, par conséquent, sa vie professionnelle, dès lors que son contrat de travail a été suspendu. Toutefois, en soutenant, sans autres précisions, que l'instructeur des services de la préfecture des Hauts-de-Seine a demandé son passeport en vue de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, lequel n'est pas obligatoire dès lors qu'il a fourni une attestation consulaire de l'ambassade de Maurice attestant de sa nationalité mauricienne, et en demandant au juge des référés d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans les plus brefs délais, M. A ne présente pas des conclusions suffisamment claires et précises sur lesquelles le juge peut utilement statuer au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 8 mai 2024
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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