Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405892

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405892
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 avril 2024 et le 13 mai 2024,

Mme B A, représentée par Me Tchiakpe, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de récépissé ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans l'attente du jugement au fond ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que son récépissé a expiré le

14 avril 2024 et qu'elle ne parvient pas à en obtenir le renouvellement, alors qu'elle a demandé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle, qu'en outre, son contrat de travail a été suspendu à l'expiration de son récépissé ;

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle méconnait les dispositions des articles R. 431-10, R. 431-12, L. 431-5 et

L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour a été accordé à la requérante, le 29 avril 2024, valable jusqu'au 28 juillet 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n°2400304 du 26 janvier 2024 rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- la requête n° 2400300 enregistrée le 10 janvier 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 7 mai 2024 à

10 heures 00.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- et les observations de Me Tchiakpe, représentant Mme A, requérante, présente, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant ses écritures.

Par une ordonnance du 7 mai 2024, la clôture de l'instruction a été différée au 14 mai 2024 à 14h00, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, enregistrée le 15 mai 2024, a été produite pour Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante mauricienne née le 28 août 1978 à l'Île Maurice, est entrée sur le territoire français, le 3 septembre 2013. Elle a bénéficié, du 19 septembre 2019 au 18 septembre 2023, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " dont elle a demandé le renouvellement. Le 4 octobre 2023, un récépissé de demande de carte de séjour, valable jusqu'au 3 janvier 2024, lui a été délivré. Elle en a demandé, en vain, le renouvellement. Le 10 janvier 2024, elle a saisi le tribunal administratif de

Cergy-Pontoise d'un recours en annulation et d'un référé suspension contre cette décision. Le 26 janvier 2024, la préfecture a informé le tribunal de la délivrance d'un récépissé à la requérante, valable du 15 janvier 2024 au 14 avril 2024. Le 8 avril 2024, elle a sollicité le renouvellement de son récépissé sans réponse de l'administration. Par la présente requête,

Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision implicite prise par le préfet du

Val-d'Oise portant refus de renouvellement de son récépissé.

2. Il résulte de l'instruction qu'après l'introduction de la présente requête, le préfet du Val-d'Oise a délivré à Mme A un récépissé de demande de titre de séjour, le 29 avril 2024, valable jusqu'au 28 juillet 2024. Par suite, en l'état de l'instruction, les conclusions de la requérante aux fins de suspension sont devenues sans objet, il n'y a plus lieu d'y statuer, ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme A, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme A.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 800 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise

Fait, à Cergy, le 28 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.