Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405952

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405952
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 25 avril 2024 et le 3 mai 2024, M. C B, représenté par Me Marcel, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 mars 2024 par laquelle le ministre des armées a refusé d'agréer sa demande de placement en disponibilité, à compter du

1er juin 2024 ;

2°) d'enjoindre au ministre des armées de réexaminer sa demande dans un délai de sept jours, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que, d'une part, sa mère nécessite un accompagnement médical constant de sa part alors qu'il travaille à plus de huit-cent kilomètres d'elle, ne pouvant répondre à ses besoins médicaux, d'autre part, il dispose d'une promesse d'embauche pour un emploi public répondant à un besoin public urgent qu'il risque de perdre et, enfin, il se trouve isolé sans aucune perspective d'amélioration, souffrant d'un épuisement professionnel et moral ;

- il existe un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, en ce qu'elle est entachée d'une erreur d'appréciation, tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 4139-9 du code de la défense, dès lors qu'il remplit toutes les conditions requises pour obtenir un placement en disponibilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le recours administratif préalable obligatoire présenté devant la commission des recours militaires, le 21 mars 2024, à l'encontre de cette décision.

Vu :

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été convoquées à l'audience publique du 7 mai 2024 à 10 heures.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- les observations orales de Me Marcel, représentant M. B, requérant, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant ses écritures ;

- et les observations de M. A, attaché d'administration de l'état, chargé d'études au bureau du contentieux de la fonction militaire à la sous-direction du contentieux de la direction des affaires juridiques, représentant le ministre des armées, qui confirme ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B est entré en service au sein de l'armée de terre, le 8 janvier 2002. Le 1er août 2023, il a été affecté à la direction du renseignement et de la sécurité de la défense, à Malakoff. Au mois de février 2024, il a répondu à une offre d'emploi public civil pour un poste d'adjoint au conseiller sécurité de la rectrice de l'académie de Nice et sa candidature a été retenue pour occuper ledit poste, à compter du 1er juin 2024, souhaitant rejoindre les Alpes-Maritimes, où réside sa famille. Par une lettre en date du 7 février 2024, il a demandé à la direction des ressources humaines de l'armée de terre son placement en disponibilité au titre de l'article L. 4139-9 du code de la défense, à compter du 1er juin 2024, après avoir obtenu les avis favorables de sa hiérarchie. Par une décision du 15 mars 2024, l'adjoint au chef du bureau de gestion des officiers de la direction des ressources humaines de l'armée de terre a refusé d'agréer la demande de

M. B tendant à son placement en disponibilité, à compter du 1er juin 2024. Par un recours, enregistré à la commission des recours des militaires, le 21 mars 2024, M. B a demandé l'annulation de cette décision. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 mars 2024 par laquelle le ministre des armées a refusé d'agréer sa demande de placement en disponibilité, à compter du 1er juin 2024.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, le moyen soulevé par M. B, tel qu'il a été analysé

ci-dessus, n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du

15 mars 2024 par laquelle le ministre des armées a refusé d'agréer sa demande de placement en disponibilité, à compter du 1er juin 2024. Par suite, les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre des armées.

Fait à Cergy, le 28 mai 2024

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240595