Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405997
mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2024, M. A C, représenté par Me Aller demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 avril 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ainsi que l'arrêté du même jour par lequel le même préfet l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer les modalités de son assignation à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle ne lui accorde pas un délai de départ volontaire ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est disproportionnée s'agissant de la durée retenue de l'interdiction de retour ;
- elle méconnaît les articles 2 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une illégalité quant à son lieu de résidence et sur l'existence de pièce d'identité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon, vice-président, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné,
- et les observations de Me Aller représentant M. C qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle expose à l'oral et fait valoir, en outre, que la requête n'est pas tardive dès lors que les décisions attaquées ont été notifiées le 24 avril 2024, que le préfet a procédé à une appréciation insuffisante de sa situation avant de l'obliger à quitter le territoire français et que l'intéressé a présenté une demande de rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant égyptien né le 16 août 1997, serait entré en France en 2013, selon ses déclarations. Par un arrêté du 5 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour, le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Val-d'Oise. M. C doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation des arrêtés du 5 avril 2024.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Les décisions contestées ont été signées par Mme B, cheffe de la section éloignement de la direction des migrations et de l'intégration, laquelle bénéficiait, en vertu de l'article 8 de l'arrêté n° 23-071 du 22 décembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation du préfet à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français avec ou non fixation d'un délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de destination, les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français et les décisions portant assignation à résidence, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration et de son adjointe. Il n'est pas soutenu que ces derniers n'étaient ni absents ni empêchés à la date des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées auraient été signées par une autorité incompétente doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".
4. La décision contestée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 611-1 ainsi que les stipulations conventionnelles dont elle fait application et notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique les motifs justifiant l'application d'une mesure d'éloignement tenant à ce que M. C n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Elle fait également état de la situation personnelle de l'intéressé. Ainsi, la décision contestée, qui fait apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, il ressort des mentions du procès-verbal de son audition par les services de police, le 5 avril 2024, que M. C a été interrogé à cette occasion sur sa situation personnelle et familiale ainsi que sur sa situation administrative au regard de son droit au séjour en France et a été invité à présenter des observations sur une éventuelle décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet. M. C a eu ainsi la possibilité de présenter toutes observations utiles sur sa situation pouvant être prises en compte par le préfet avant l'édiction de la décision contestée. De plus, M. C ne se prévaut d'aucune circonstance qui si elle avait été portée à la connaissance de l'administration aurait pu avoir une incidence sur le contenu de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu et des droits de la défense doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet du Val-d'Oise a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. C avant de l'obliger à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. C soutient qu'il réside en France depuis plus de dix ans, qu'il travaille depuis 2018, qu'il dispose de l'ensemble de ses attaches privées sur le territoire national et qu'il a présenté une demande de rendez-vous en préfecture pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. Toutefois, l'intéressé a indiqué au cours de l'audience que sa compagne, une compatriote, est en situation irrégulière sur le territoire français et il n'est pas fait état d'obstacle à ce qu'il reconstitue sa cellule familiale hors de France. L'intéressé n'établit pas qu'il serait isolé dans son pays d'origine. Le requérant qui a indiqué travailler en qualité de peintre ne justifie pas d'une insertion professionnelle particulière en France. Par ailleurs, M. C a déjà fait l'objet d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français et d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois, prises à son encontre le 3 septembre 2021 par le préfet de police de Paris. Le préfet fait valoir, en défense, sans être contredit, que l'intéressé avait également fait l'objet d'une autre mesure d'éloignement prise à son encontre en mai 2020. La seule circonstance que l'intéressé ait présenté une demande de rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour ne fait pas obstacle à ce qu'il fasse l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et eu égard en particulier aux conditions de séjour de l'intéressé en France, le préfet du Val-d'Oise en obligeant M. C à quitter le territoire français n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de ce dernier une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure d'éloignement a été prise et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision portant obligation de quitter le territoire français d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision de refus d'un délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code prévoit que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. C un délai de départ volontaire, le préfet du Val-d'Oise a retenu les circonstances que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et les démarches qu'il a entreprises n'ont pas conduit à la délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes à défaut de justifier d'un lieu de résidence et d'un passeport en cours de validité, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement. Si le requérant soutient qu'il dispose de documents d'identité et d'une résidence effective et produit à l'appui de ses allégations une copie de son passeport en cours de validité et une copie d'un contrat de location à usage d'habitation de logement meublé signé le 1er janvier 2021, il ne conteste pas utilement le bien-fondé des autres motifs retenus par le préfet pour lui refuser un délai de départ, dès lors qu'il lui appartenait d'exécuter spontanément la mesure d'éloignement prise à son encontre le 3 septembre 2021. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision de refus de délai de départ volontaire en ne retenant que ses autres motifs. Dans ces conditions, en l'absence de circonstance particulière, la situation de M. C entrait dans les cas visés aux 1°, 4° et 5° de l'article L. 612-3 précité, permettant de présumer établi le risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché sa décision de refus d'un délai de départ volontaire, d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. En premier lieu, la décision contestée mentionne les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle indique avec une précision suffisante les motifs de fait justifiant qu'une interdiction soit faite au requérant de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans. Cette décision, qui fait apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
12. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet du Val-d'Oise a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. C avant de lui interdire de retourner sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
13. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 10 qu'aucun des moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français n'est fondé. Dès lors, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que pour interdire à M. C de retourner sur le territoire français pendant une durée de trois ans, le préfet a retenu les circonstances que l'intéressé se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis qu'il n'a pu obtenir un titre de séjour, qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, qu'il déclare vivre en concubinage avec une compatriote qui serait actuellement enceinte mais n'a pas entrepris de démarche pour reconnaître l'enfant de manière anticipée et n'a pas de droit au séjour en France et ne justifie pas de circonstances particulières. S'il soutient qu'il réside en France depuis dix ans et qu'il est inséré professionnellement, il ressort des pièces du dossier M. C, qui est entré irrégulièrement sur le territoire national, n'a pas exécuté deux décisions portant obligation de quitter le territoire français prises à son encontre en mai 2020 et le 3 septembre 2021, la dernière mesure d'éloignement était assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne justifie pas d'attaches familiales intenses en France, que sa compagne, une compatriote, est en situation irrégulière en France et qu'il ne justifie pas d'une insertion professionnelle particulière sur le territoire national. Dans ces conditions, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 14 du jugement ni commis une erreur d'appréciation en interdisant au requérant de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans.
16. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du jugement, doit être écarté le moyen, soulevé à l'encontre de la décision attaquée, tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté pour ce motif.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant assignation à résidence :
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
19. L'arrêté contesté vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 731-1 ainsi que les stipulations conventionnelles dont il fait application et notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique que l'intéressé fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 5 avril 2024 et qu'il ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Enfin, il précise que l'intéressé est assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours et qu'il devra se présenter tous mercredis au commissariat de police d'Argenteuil. Ainsi, l'arrêté contesté, qui fait apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé.
20. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 10 qu'aucun des moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français n'est fondé. Dès lors, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de l'arrêté portant assignation à résidence, doit être écarté. L'arrêté portant assignation à résidence n'est pas fondé sur la décision portant interdiction faite à M. C de retourner sur le territoire français, lequel ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de cette dernière décision, au demeurant non fondée, à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté attaqué.
21. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence () ".
22. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que M. C a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Val-d'Oise. L'intéressé a indiqué au cours de l'audience résider à la date de l'arrêté attaqué à Argenteuil dans le département du Val-d'Oise avec sa compagne. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur en l'assignant à résidence dans ce département. Par ailleurs, si M. C produit au dossier une copie de son passeport en cours de validité, établissant ainsi, contrairement à ce qui est indiqué dans l'arrêté attaqué, qu'il disposait de document d'identité, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris le même arrêté d'assignation à résidence à fin de prévenir le risque de non-exécution de la mesure d'éloignement et dès lors qu'il n'est pas contesté que l'éloignement de l'intéressé demeure une perspective raisonnable.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 5 avril 2024 du préfet du Val-d'Oise. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
S. Ouillon
La greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405997
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