Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406072

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406072
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 avril 2024, M. B A, représenté par Me Cabot, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de lui délivrer une carte de résident, dans un délai de 8 jours et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ; à défaut, d'enjoindre au préfet du Val d'Oise d'achever l'examen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 24h et sous astreinte de 300 euros par jour de retard

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article de la loi du 10 juillet 1991 ; à défaut, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au seul titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que cette situation le place dans l'irrégularité, entrave ses recherches d'emploi, et l'empêche de passer le permis de conduire et de rendre visite à sa famille en Iran ;

- la non-délivrance de son titre de séjour porte atteinte à sa vie familiale, à sa dignité, et à sa liberté de travailler et d'aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heure ". L'article L. 522-3 de ce code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A fait valoir qu'il s'est vu reconnaître le statut de réfugié le 21 février 2023, et que sa demande de titre de séjour correspondante est pendante depuis le 1er mars 2023, l'absence de délivrance de titre de séjour portant atteinte à sa vie familiale, à sa dignité, et à sa liberté de travailler et d'aller et venir. Toutefois, dès lors que l'intéressé bénéficie du statut de réfugié, le délai d'attente de délivrance de sa carte de séjour, pour regrettable qu'il soit, ne porte, en l'espèce, aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale du requérant.

3. Il n'y a pas lieu d'accorder au requérant le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 29 avril 2024.

Le juge des référés

signé

P.-H. d'Argenson

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.