Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406185
vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2024, M. A B, représenté par Me Meurou, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du
Val-d'Oise a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " étudiant " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien temporaire portant la mention " étudiant " dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il est brusquement placé en situation irrégulière sur le territoire français ; qu'en outre, faute de pouvoir justifier de la régularité de son séjour, il risque de voir sa situation personnelle se dégrader subitement et de ne plus pouvoir poursuivre sa formation universitaire, un titre de séjour étant requis pour la validation de l'inscription aux épreuves ;
- il existe plusieurs moyens de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en violation du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dès lors qu'il justifie d'une inscription dans un cursus supérieur au titre de l'année 2023/2024 et de l'ensemble des justificatifs universitaires nécessaires ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il remplit toutes les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ".
La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas présenté d'observations en défense, ni de pièces.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2406187, enregistrée le 29 avril 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 14 mai 2024 à 15 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de
Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;
- et les observations de Me Raymond, substituant Meurou, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 14 mai 2024 à 18h50.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 27 mai 2004 à Constantine en Algérie, est entré sur le territoire français le 14 juillet 2023 muni d'un visa de type " D " portant la mention " étudiant " valable du 10 juillet 2023 au 8 octobre 2023. Le 9 septembre 2023, il a déposé une première demande de titre de séjour sur la plateforme de l'ANEF et une attestation de prolongation d'instruction valable du 2 octobre 2023 au 1er janvier 2024 lui a été délivrée. Par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 29 janvier 2024, M. B a demandé au préfet du Val-d'Oise de lui remettre un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans les plus brefs délais. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Dès lors que l'intéressé ne justifie pas des moyens d'existence suffisants exigés au titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations n'est manifestement pas propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Aucun des autres moyens soulevés dans la requête n'est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 24 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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