Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406256

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406256
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Bertaux, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à la suppression ou à la clôture de sa demande de titre de séjour formulée le 28 août 2023 sur le site de l'ANEF portant le n° 9204202308280739008, dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle a été bénéficiaire pendant plusieurs années d'un titre de séjour en qualité de " conjoint de Français ", qu'elle est désormais mère d'un enfant français et qu'elle souhaite un changement de statut ;

- la mesure demandée est utile, dès lors qu'elle a été contrainte de déposer une demande sur la plateforme de l'ANEF en qualité de " citoyen européen ", seule option fonctionnelle sur la page du site Internet, alors que les demandes de titre de séjour en qualité de parent d'enfants français s'opèrent uniquement par voie dématérialisée, qu'elle souhaitait formé une demande sur ce fondement et que tant que sa première demande erronée n'est pas clôturée, elle est empêchée d'en déposer une nouvelle ;

- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne, née le 23 novembre 1992, déclare être entrée en France, pour la dernière fois, le 24 janvier 2014. Le 28 août 2023, elle a souhaité déposer une demande d'admission au séjour en qualité de parent d'enfant français sur le site Internet de l'administration des étrangers en France (ANEF), mais a formé, par erreur, une demande en qualité de " citoyen européen ", ne réussissant pas à déposer sa demande sur le bon fondement pour un problème technique. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de clôturer cette première demande pour lui permettre d'enregistrer sa demande d'admission au séjour en qualité de parent d'enfant français sur le site de l'ANEF.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de clôturer immédiatement sa demande de titre de séjour formée par erreur sur le mauvais fondement, pour lui permettre de déposer sa demande d'admission au séjour en qualité de parent d'enfant français, Mme A soutient résider habituellement sur le territoire français depuis 2014, avoir été titulaire de plusieurs titres de séjour en qualité de conjoint de Français avant son divorce, être pacsée à un ressortissant français avec lequel elle a eu un fils en 2020.Toutefois, ces motifs sont insuffisants à établir que Mme A, dont le dernier titre de séjour a expiré en juillet 2017, justifierait d'une circonstance particulière caractérisant une situation d'urgence nécessitant la clôture à très bref délai de sa demande de titre de séjour erronée afin de lui permettre d'en déposer une nouvelle. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par Mme A ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A, présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, doit être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 13 mai 2024.

La juge des référés,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.