Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406268
lundi 1 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mai 2024, Mme A B, représentée par
Me Hervet demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L.521-3 du code de la justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin de lui permettre de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, dans un délai de trois jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais irrépétibles.
Elle soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu'elle se trouve actuellement en situation irrégulière sur le territoire français et dans une situation d'insécurité juridique impactant sa scolarité ainsi que sa vie familiale et privée ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors que son droit à voir sa situation examinée par l'autorité préfectorale est méconnue ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la mesure sollicitée n'est ni urgente, ni utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, née le 22 janvier 2000 à El Biar en Algérie, est entrée en France, sous couvert d'un visa portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 30 mai 2023. Elle a tenté de déposer en vain une demande de titre de séjour sur la plateforme de l'ANEF. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin de lui permettre de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. Pour justifier de l'urgence, Mme B fait valoir qu'elle demeure sur le territoire en situation irrégulière et qu'elle ne pourra valider son année et son diplôme de Master au sein de la Paris Business School, faute de document attestant de la régularité de son séjour. Toutefois, il résulte de l'instruction que si la requérante se prévaut de dysfonctionnements intervenus sur la plateforme de l'ANEF au mois de juin 2023 et verse des échanges de courriels avec l'administration en ce sens, les démarches afin de renouveler son titre de séjour ont été effectuées après l'expiration de ce dernier, de sorte qu'elle a elle-même contribué à la situation d'urgence dont elle entend se prévaloir. Par ailleurs, la requérante est parvenue à déposer une demande de titre de séjour sur la plateforme de l'ANEF, le 13 mars 2024, demande qui a été classée sans suite, le 30 mai 2024, au motif qu'elle n'était pas en possession d'un visa long séjour, ce dernier ayant expiré le 30 mai 2023, soit il y a un an. Ainsi, elle ne démontre aucune circonstance particulière caractérisant la nécessité pour elle d'obtenir la mesure sollicitée, à très bref délai. Par suite, les conditions posées à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée soit urgente et ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ne peuvent être regardées comme remplies
5. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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