Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406430

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mai 2024, la société SOJAM, représentée par Me Gouachon, demande au juge des référés statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 mars 2024 n° 2023-129 et 2023-534 par laquelle l'inspectrice de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes de la direction départementale de la protection des populations du Val-d'Oise lui a enjoint dans un délai de trois mois de se mettre en conformité avec les prescriptions du décret n° 2015-1083 du 27 août 2015 relatif à la mise à disposition sur le marché de matériel électrique destiné à être employé dans certaines limites de tension ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 460 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la mise en conformité des emballages des appareils détenus et des prochains approvisionnements au regard du décret n° 2015-1083 du 27 août 2015 et à l'article L. 121-2 du code de la consommation est de trois mois ; la modification des emballages dans ce délai est gravement et immédiatement préjudiciable à la pérennité de la branche d'activité concernée de la société ; la mesure en cause impactera outre les produits répulsifs basés sur la technologie des appareils à ultrasons mais également d'autres gammes de produits qui ne sont pas visés par le contrôle ; l'injonction emportera nécessairement la fin de la commercialisation des références concernées dans la mesure où il est impensable de commercialiser des répulsifs sans les nommer ni sans pouvoir décrire leurs fonctionnalités vérifiées et attendues des distributeurs et clients consommateurs ; elle lui porte un préjudice financier immédiat et grave, soit une perte de son chiffre d'affaires de 75% (2 372 869 euros), entrainant le déréférencement immédiat des produits concernés, l'annulation des commandes en portefeuilles prises depuis octobre 2023 et l'application de pénalités de plus de 100 000 euros, le licenciement de 17 personnes sur les 23 salariés ainsi que la fermeture de la filiale Pest Contrôle Europe et le licenciement de tous ses salariés, en outre, elle prive le consommateur d'informations reposant sur des tests et études, l'empêchant d'être en mesure d'identifier la fonctionnalité des appareils visés et donc de répondre à son besoin ; la décision prévoit également la réalisation d'un contrôle portant sur la vérification de la mise en conformité pouvant donner lieu à sanction pénale particulièrement sévère qui peuvent être accompagnées de peines complémentaires ;

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle a été prise par une autorité incompétente et l'inspectrice a excédé les pouvoirs qui lui sont attribués ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation tirée de la méconnaissance du décret n° 2015-1083 ; elle ne fabrique pas les produits litigieux ; elle est titulaire de la marque ACTO mais pas de la marque MORTIS ; concernant le marquage réglementaire au regard des articles 4, 6° et 7 du décret, elle a pris des engagements à ce titre ; ces dispositions sont parfaitement respectées ;

- elle est entachée d'une erreur de droit eu égard à l'inopposabilité de la norme NF EN 60335-1 faute d'accessibilité à ce texte à titre gratuit ; en tout état de cause, elle a acquiescé à la demande de la DDPP 95, la mesure d'injonction s'agissant de l'instruction normative n° 2 est sans objet ; s'agissant des instructions normatives n°s 3 et 4, elle s'engage à actualiser les notices pour les prochaines productions ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au respect de la procédure d'évaluation de la conformité ; elle justifie avoir procédé à la réalisation de tests sur la fonction veilleuse des références RUS9 et RUSM2 ;

- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une erreur d'appréciation quant au caractère trompeur des allégations ; la DDPP 95 ne démontre pas en quoi les allégations visées seraient contraires à la diligence professionnelle et altéreraient de manière sensible le comportement économique du consommateur d'attention moyenne comme exigé par les dispositions de l'article L. 121-1 du code de la consommation ; il n'y a pas d'information de nature à induire en erreur le consommateur ; la DDPP 95 ne démontre pas le caractère trompeur des allégations visées ;

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que le délai de mise en conformité est prolongé il est porté à un an ; il n'y aura pas de nouveau contrôle de suivi d'injonction au terme du délai à savoir le 23 juin 2024 et par suite pas d'éventuelles poursuites pénales sur la période du

23 juin 2024 au 22 juin 2025 pour les produits objet de l'injonction ;

- aucun moyen n'est de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Par un mémoire enregistré le 21 mai 2024, la société SOJAM demande au tribunal la radiation de la présente instance.

Elle fait valoir que, eu égard aux éléments apportés par le mémoire en défense, elle demande la radiation de la présente instance et confirme le maintien de la requête en annulation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2406605 enregistrée le 2 mai 2024, par la société SOJAM demande l'annulation de l'arrêté contesté.

Vu le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme Le Griel, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 22 mai 2024 à

10 heures 00.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Le Griel, juge des référés ;

- les observations de Me Sakhi, substituant Me Gouachon, représentant la société SOJAM, qui confirme se désister de l'instance au vu des écritures en défense tout en maintenant la requête en annulation et se réservant la possibilité d'introduire une nouvelle requête devant le juge des référés, le cas échéant, au regard du terme du délai d'un an accordé par le DDPP95.

- les observations Mme B, inspectrice experte de la concurrence, la consommation et de la répression des fraudes de la DDPP95 et de Mme A, adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l'expertise juridique de la préfecture du Val-d'Oise qui prenne note du désistement d'instance de la société requérante

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société SOJAM est filiale de la holding financière SOJAM FINANCE. Le groupe est spécialisé dans la conception, la fabrication de produits biocides (insecticides, répulsifs rodenticides) et phytopharamceutiques (insecticides) à destination du grand public et de professionnels. La société SOJAM développe une gamme complémentaire d'appareils anti-insectes électriques. Le 28 septembre 2023, la société SOJAM a fait l'objet d'un contrôle par l'inspectrice experte de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes auprès de la DDPP 95 au sein de son siège social. Par décision du 25 mars 2024, l'inspectrice de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes de la direction départementale de la protection des populations du Val-d'Oise lui a enjoint, dans un délai de trois mois, de se mettre en conformité avec les prescriptions du décret n° 2015-1083 du 27 août 2015 relatif à la mise à disposition sur le marché de matériel électrique destiné à être employé dans certaines limites de tension. Par la présente requête la société SOJAM demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre cette décision.

2. Par un mémoire enregistré le 21 mai 2024, la société SOJAM a demandé au tribunal de radier la présente instance. Lors des échanges à l'audience, la société requérante a confirmé se désister de la présente instance tout en maintenant sa requête au fond. Le désistement de la société SOJAM étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte. La présente ordonnance ne faisant pas obstacle si la société SOJAM s'y croit fondée de saisir à nouveau le juge des référés au regard du terme du délai d'un an qui lui a été accordé pour exécuter la décision en litige.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de la société SOJAM.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SOJAM et au préfet du Val-d'Oise.

Copie en sera adressée à la direction départementale de la protection des populations du Val-d'Oise.

Fait, à Cergy, le 29 mai 2024.

La juge des référés,

signé

H. Le Griel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2405224