Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406507

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406507
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 20 mai 2024, M. A B, représenté par Me Bulajic, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de huit jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée porte refus de renouvellement de titre de séjour ; qu'en outre, il est placé en situation irrégulière et précaire l'exposant à un placement en rétention et à une reconduite à la frontière et qu'enfin, il a été licencié alors qu'il avait pour seule ressource son salaire et qu'il ne peut pas s'inscrire à France Travail, ni percevoir d'indemnités ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

* elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux et personnalisé de sa situation ;

* elle est entachée d'erreurs de fait

* elle a été prise en violation des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle a été prise en violation des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il démontre vivre en France depuis 2012, qu'il a été en situation régulière sur le territoire français depuis 2015, qu'il justifie de la pérennité de ses ressources financières et de plusieurs diplômes français en plus de sa maîtrise de la langue française.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que la demande de titre de séjour de M. B est en cours d'instruction et qu'à ce titre, il s'est vu délivrer un récépissé de titre de séjour valable du 4 janvier 2024 au 3 mars 2024 dont il lui appartient de demander le renouvellement.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2406490, enregistrée le 5 mai 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 21 mai 2024 à

9 heures.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- et les observations de Me Bulajic, représentant M. B, requérant, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant pakistanais né le 20 juillet 1996 à Gujrat au Pakistan, est entré sur le territoire français, le 12 décembre 2012, selon ses déclarations. Il a été titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 17 octobre 2019 au 16 octobre 2023. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour auprès de la sous-préfecture d'Argenteuil par courriel en date du 11 mars 2023 et a adressé à celle-ci, par voie postale, son dossier, lequel a été réceptionné le 31 octobre 2023. M. B a, par courrier resté sans réponse en date du 5 mars 2024 et réceptionné le 8 mars 2024, présenté auprès de la sous-préfecture d'Argenteuil une demande de convocation pour la remise d'un titre de séjour ou, à défaut, d'un récépissé. Du silence gardé par l'administration sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée du préfet du Val-d'Oise. Par suite, les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence ni sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Val-d'Oise. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 5 juin 2024.

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.