Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406554
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Seze, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une carte de résident dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à Me Seze, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée, dès lors que la décision attaquée porte refus implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour ; qu'en outre, elle n'est pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle a été signée par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation particulière ;
* elle est entachée d'une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions des articles L. 424-9 et L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " délivrée sur le fondement des dispositions précitées et dont elle a sollicité le renouvellement sur le fondement du même statut ; qu'en outre, elle remplit les conditions pour que lui soit octroyée, dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour, une carte de résident d'une durée de dix ans ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur la requête en raison de la délivrance du titre de séjour et subsidiairement à l'irrecevabilité de la requête dirigée contre une décision ne faisant pas grief.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2406566, enregistrée le 6 mai 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 22 mai 2024 à 10 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante bangladaise née le 15 février 1991 à Chittagong au Bangladesh et bénéficiaire de la protection subsidiaire, a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 24 décembre 2019 au 23 décembre 2023. Le 29 septembre 2023, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine sur la plateforme de l'ANEF et a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable du 29 septembre 2023 au 28 mars 2024. Du silence gardé par l'administration sur cette demande, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer une carte de résident.
2. Par une décision du 17 mai 2024 le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à Mme B A le titre de séjour demandé valable jusqu'au 16 août 2024. Dans ces conditions, les conclusions principales sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur la demande d'admission à l'l'aide juridictionnelle provisoire et les conclusions présentée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre, à titre provisoire, Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Les conclusions présentées en application combinée des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées, dans les circonstances de l'espèce.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en suspension de l'exécution d'une décision administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 30 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026