Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406624
mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 7 et 23 mai 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Direct Ambulances, représentée par Me Lalanne, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n° DOS-2024/751 en date du 10 avril 2024 par lequel la directrice générale par intérim de l'agence régionale de santé d'Île-de-France a prononcé la suspension de son agrément de transport sanitaire pour une durée de deux mois, du 20 mai 2024 au 15 juillet 2024 ;
2°) de mettre à la charge de l'agence régionale de santé d'Île-de-France la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors que l'arrêté entraîne des conséquences financières en ce qu'elle ne peut plus faire face à ses charges et risque de se trouver déficitaire voire en état de cessation des paiements, en outre, elle ne peut honorer ses engagements portant atteinte à sa réputation et à long terme, son équilibre financier et sa viabilité et exposant ses employés à un licenciement ;
- il existe plusieurs moyens de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
* il a été pris par une autorité incompétente ;
* il est entaché de vices de procédure, en l'absence de notification au représentant de la société Direct Ambulance de son droit de se taire et de l'absence de réponse de la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise ;
* il est entaché d'une erreur de fait ;
* il est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits ;
* la sanction présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le directeur général de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2406720, enregistrée le 7 mai 2024, par laquelle la société Direct Ambulances demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, première conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 27 mai 2024 à 9 heures 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;
- les observations de Me Lalanne, représentant la société Direct Ambulances, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant ses écritures ;
- et les observations de Mme A, ayant reçu pouvoir de représenter le directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée Direct Ambulances est titulaire d'un agrément de transport sanitaire qui lui a été délivré par un arrêt n° 2011-374 par l'agence régionale de santé d'Île-de-France (ARS) en date du 27 octobre 2011. Le 27 septembre 2023, le gérant de la société, M. C B, a été contrôlé dans l'enceinte de l'Hôpital privé Nord parisien à Sarcelles. Le 2 octobre 2023, la société a été destinataire d'un courriel faisant suite au contrôle et alléguant le transport d'un patient par un équipage non constitué de deux personnes, l'absence de l'affichage de tarification et l'absence d'extincteur ainsi que le fait que le véhicule immatriculé DC-357-DS ne figure pas dans le parc déclaré. Le gérant de la société a répondu par un courriel en date du 5 octobre 2023, contestant le transport d'un patient et affirmant qu'il effectuait un contrôle de son personnel. Le 13 octobre 2023, l'ARS d'Île-de-France a persisté dans ses allégations, donnant lieu à un courriel du gérant de la société contestant ses affirmations, en date du 17 octobre 2023. Par un courriel du 12 janvier 2024, l'ARS d'Île-de-France a convoqué le gérant de la société, le 26 janvier 2024. Le 24 avril 2024, l'ARS d'Île-de-France a notifié à la société l'arrêté en date du 10 avril 2024, portant suspension de l'agrément de transport sanitaire du 20 mai 2024 au 15 juillet 2024. Par la présente requête, la société Direct Ambulances demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la société à responsabilité limitée Direct Ambulances, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision 10 avril 2024 par laquelle la directrice générale par intérim de l'agence régionale de santé d'Île-de-France a prononcé la suspension de son agrément de transport sanitaire du 20 mai 2024 au 15 juillet 2024. Par suite, les conclusions de la société à responsabilité limitée Direct Ambulances tendant à la suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société à responsabilité limitée Direct Ambulances est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Direct Ambulances et à l'agence régionale de santé d'Ile-de-France.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 18 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026